France Charruyer, Altij : « La data economy est un terreau fertile d’innovation »

Installé à Toulouse, le cabinet d’avocats Altij organise le jeudi 29 septembre, le prix de la donnée qui récompensera la meilleure thèse en droit du numérique 2022. L’occasion pour France Charruyer, avocate au barreau de Toulouse et dirigeante d’Altij de revenir sur le RGPD, règlement général de la protection des données qui est venu protéger les entreprises en matière de cybersécurité, à condition d’être bien conseillé.

France Charruyer,quelle est la spécificité de votre cabinet ?
Nous produisons de l’intelligence juridique pour aider nos clients à sécuriser et à développer leur modèle économique. Ainsi, nous sommes reconnus comme un partenaire de confiance par les directions opérationnelles et juridiques, parmi lesquelles nous comptons des acteurs majeurs de l’économie régionale. Cette année le cabinet fête ses vingt ans et le numérique fait partie intégrante de notre ADN. Ainsi, nous avons su accompagner nos clients dans leur transition digitale, que ce soit sur la mise en conformité au RGPD, la protection et défense du patrimoine immatériel, la sécurisation des contrats informatiques et, plus récemment, la tokenisation des actifs et les levées de fonds. Le droit est un outil de performance, un levier de compétitivité et il doit s’intégrer naturellement dans une forme d’économie circulaire innovante et responsable.

Comment le droit participe-t-il à la protection du patrimoine de l’entreprise ?
La montée en puissance des flux de données au sein des entreprises s’accompagne de l’essor de cybermenaces importantes et de plus en plus agressives. Les structures doivent faire de la gestion du risque au quotidien. Notre mission est donc de piloter, aux côtés des entreprises, l’ensemble des sujets ayant trait à l’innovation numérique. La valorisation et la défense des actifs numériques de nos clients sont particulière ment au cœur de nos préoccupations. Ainsi, l’expertise de nos avocats en matière de compliance et de protection des données personnelles et non-personnelles nous permet de développer des stratégies privacy friendly afin de faire de la donnée propre un véritable centre de profit pour la direction. La data economy est un terreau fertile d’innovation sur lequel implanter de nouveaux services et n’est viable que si le modèle d’activité s’inscrit dans une dynamique vertueuse de compliance. Les investisseurs ont aujourd’hui parfaitement intégré les risques de la non-conformité des pratiques et de l’absence de prise en compte de la cybersécurité sur la valorisation et l’e-réputation des entreprises.

Au-delà de la gestion des risques, comment faire de la conformité un atout business concurrentiel ?
Il ne faut pas voir la mise en conformité – de toute façon nécessaire et obligatoire – comme une seule contrainte. Les structures se doivent de l’appréhender au plus vite pour en faire un gage de confiance et le marqueur de leur stratégie RSE. Pour cela, le droit est l’arme augmentée des entreprises, l’indispensable protection des données personnelles de leurs clients au service de la relation de confiance. Se différencier par la qualité et la cybersécurité passe par une culture de la « privacy ». Des valeurs qui s’étendent en outre aux salariés, partenaires et financiers des entreprises. Par ailleurs, la valorisation des ac- tifs numériques permet d’optimiser la stratégie marketing des entreprises. La mise en conformité permet donc de renforcer l’image de marque et offre un réel avantage concurrentiel.
Propos recueillis par Pauline Dolques.
Crédit photo : DR

P.S. :

Après une première édition en 2021, le Prix de la Donnée Data Ring 2022 récompense une thèse en droit ou en sciences politiques, qui contribue à l’amélioration des connaissances pratiques sur les données personnelles, les nouvelles technologies et la société numérique.
Plus d’infos sur le Prix de la donnée, sur le site des organisateurs.

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Source : https://www.touleco.fr/France-Charruyer-La-data-economy-est-un-terreau-fertile-d,35412