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Publié le lundi 20 janvier 2020 à 18h20min par Sophie Arutunian

French Tech Toulouse : « En temps de crise sociale et environnementale, je crois fort à la tech for good »

Alexis Janicot est le nouveau directeur de la French Tech Toulouse. Ce trentenaire, au penchant prononcé pour la tech « éthique », a la tâche de fédérer l’écosystème toulousain des start-up. Interview.

Alexis Janicot, au terme d’un processus de recrutement de plusieurs mois, vous avez été choisi pour diriger la French Tech Toulouse. Quelle est votre feuille de route ?
Il faut d’abord rappeler que 2019 a été une année charnière pour French Tech Toulouse car le collectif, qui était historiquement porté par Toulouse Métropole, est désormais géré par des entrepreneurs, dont la présidente Sandrine Jullien-Rouquié. Mon rôle désormais, en tant que premier opérationnel, est de fédérer l’écosystème, connecter tous les acteurs entre eux, faire grandir les acteurs de la tech et les start-up de Toulouse.

Par quelles actions ?
Le premier levier est de déployer à Toulouse les outils qui existent au niveau national. En premier lieu, nous devons avoir des entreprises lauréates du French Tech 120 et nous avons justement appris ce matin (lundi 20 janvier NDLR) que Ilek et Easymile sont lauréates, de même que Reuniwatt (dont le siège est à La Réunion mais les équipes à Toulouse). Sigfox a été confirmée. Cela leur permettra d’être traitées avec les mêmes égards que des entreprises du CAC 40, avec des accès facilités aux pouvoirs publics et aux aides financières.

Nous mettrons aussi en œuvre le French Tech Tremplin pour les porteurs de projets issus des quartiers prioritaires, le French Tech Visa, qui aide les porteurs de projets étrangers dans leurs démarches administratives à Toulouse, et la bourse French Tech, pour aider des projets au démarrage. Au-delà des dispositifs nationaux, j’aimerais instaurer à Toulouse des réseaux d’entraides thématiques entre start-up, et un observatoire des start-up, dont les constats seront communiqués lors d’événements réguliers.

Quel est le budget de French Tech Toulouse ?
Nous avons un budget de fonctionnement d’environ 200 000 euros par an, financé par les collectivités territoriales, et désormais également par les cotisations des entreprises adhérentes.

Quelle est votre vision de ce que doit être la tech aujourd’hui ?
Je crois très fort à la tech for good. En ces temps de crise sociale et environnementale, je suis convaincu que la tech a quelque chose à apporter. Je pense notamment à des entreprises comme Naïo Technologies, Telegrafik, FeelObject par exemple. Plus généralement, j’aimerais que l’ensemble des startups puissent réfléchir à leurs process, leurs pratiques et l’impact écologique du numérique. C’est Carole Zisat-Garat, fondatrice de Telegrafik, qui va mener une commission en ce sens au sein de French Tech Toulouse.

Quelles sont les autres capitales French Tech qui vous inspirent ?
Ce qu’a réussi Lyon en termes de maillage du territoire est très intéressant. De Lyon à Saint-Étienne, des référents French Tech sont présents sur le territoire, au service des start-up. Il faut dire que French Tech Lyon est une association structurée depuis longtemps, indépendante des pouvoirs publics. Ici, le fait que French Tech Toulouse ait été portée par Toulouse Métropole a sans doute limité son impact géographique à l’hyper centre. Néanmoins, nous travaillons main dans la main avec French Tech Méditerranée, à Montpellier.

Quels sont vos atouts pour fédérer l’écosystème toulousain ?
Je suis néo-toulousain. Je connais les principaux acteurs de la tech à Toulouse de l’époque où je travaillais au Fablab Articlect, en 2014. Mais je ne suis pas suffisamment proche de chacun d’entre eux pour être pris à partie dans d’éventuels conflits. J’ai la connaissance du terrain et en même temps le recul nécessaire. Je n’ai d’a priori sur personne.

Propos recueillis par Sophie Arutunian

Sur les photos :
En haut, Alexis Janicot, nouveau directeur général de French Tech Toulouse.
En bas (de gauche à droite) : Les membres de French Tech Toulouse : Christian Bec, Marc Leverger, Cécile Morel, Thibault De Bouville, Sandrine Julien Rouquié, Alexi Janicot, Karim Ben-Dhia, Nicolas Christi, Carole Zisa-Garat, Cedric Giorgi.
Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco

Bio

Alexis Janicot a été le fondateur de l’accélérateur de start-up de Neoma Business School en 2019. Auparavant, il a été « adjoint digital officer » chez Sopra Steria à Toulouse, et directeur des opérations de l’Artilect fabLab. Il est actuellement toujours associé dans l’entreprise toulousaine MetaStrat, et associé des Imaginations Fertiles.