Crisicall, la solution toulousaine pour sauver des vies en cas de catastrophe naturelle

article diffusé le 15 juin 2020

Envoyer un message aux secours via un service wifi accessible, même quand tous les réseaux sont coupés : c’est la promesse de Crisicall, start-up toulousaine hébergée à l’EsaBic Sud France.

Le 20 septembre 2017, l’ouragan Maria dévaste l’ile Puerto Rico, dans les Caraïbes. Un premier bilan fait état de soixante quatre morts avant d’être revu à la hausse avec 2975 personnes tuées. Des centaines de Puertoricains sont décédés après avoir passé plusieurs heures ou jours sous les décombres. Comme dans beaucoup de catastrophes naturelles, la plupart des connexions ont été coupées et de nombreuses personnes sont ainsi restées bloquées, blessées sans pouvoir prévenir les secours. De l’autre côté de l’Atlantique, en voyant cela aux infos, des étudiants ingénieurs toulousains de l’IPSA [1] ont une idée : créer une solution qui permettrait de prévenir les secours, même quand tous les réseaux sont coupés. Le concept de Crisicall est né.

« Nous étions étudiants mais entrepreneurs dans l’âme. Nous avions participé auparavant à plusieurs concours entrepreneuriaux, dont Act In Space. Nous n’avions pas gagné mais étions repartis certains de vouloir nous lancer dans une entreprise. En 2018, nous avons lancé une application de routage de bateau-cargo, mais il existait déjà beaucoup de solutions de ce type, et nous avons laissé tomber », raconte Patrick Cordier, CEO de la start-up. Les tentatives du jeune entrepreneur et de ses compères lui valent néanmoins d’être repéré par le Cnes, et Crisicall, créée en octobre 2020, est hébergée par l’EsaBic Sud France.

Premiers clients : les hôtels

La solution est unique et brevetée : il s’agit d’un réseau wifi local, auquel n’importe qui peut se connecter sans avoir à télécharger d’application. « Il suffit d’ouvrir le wifi, une interface s’ouvre et permet d’envoyer des petits messages. On peut ainsi rétablir la communication entre les services d’urgence et les victimes de catastrophes, ce qui peut leur sauver la vie », argumente Patrick Cordier. « C’est un réseau de communication résilient ». Et cette résilience est l’argument clé pour séduire les futurs clients de la jeune pousse : les hôtels.

« Nous allons déployer Crisicall dans les hôtels des Caraïbes qui accueillent des hommes d’affaires. En effet, ce type d’hôtel est soumis à des audits sur leur niveau de sécurité et la résilience du réseau de communication est un point clé. Les hôtels équipés de notre solution seront mieux notés, et gagneront alors en notoriété et en chiffre d’affaires », prévoit le jeune CEO. Dans un second temps, la start-up aimerait équiper des villes entières, mais pas facile de nouer des contrats avec les collectivités et institutions. « Le temps qu’ils prennent une décision est trop long pour une start-up » déplore Patrick Cordier.

La société qui compte trois cofondateurs, un bénévole et deux stagiaires fonctionne pour le moment sur un apport personnel de 30.000 euros, complété par l’aide de Bpifrance et d’EsaBic Sud France. Un concours remporté pendant le confinement leur promet également un financement de 100.000 euros. Le Covid-19 ayant retardé le développement commercial, Crisicall vise 2021 pour une première commercialisation, et 200.000 euros de chiffre d’affaires.
Sophie Arutunian

Sur la photo de gauche à droite : Charles Pena, Dimitri Desfray, et Patrick Cordier, de la start-up Crisicall. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Notes

[1Ecole d’ingénieurs aéronautique et spatiale Toulouse

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Source : https://www.touleco.fr/Crisicall-la-solution-toulousaine-pour-sauver-des-vies-en-cas-de,28948