L’interview off de : Jessica Chavanne

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Double championne du monde de jet-ski à bras, Jessica Chavanne cumule aussi, depuis 2025, deux titres européens. Cette sportive de haut niveau, installée à Muret, près de Toulouse, a découvert sa discipline à 19 ans sur la Garonne, à Cazères, où son grand-père s’occupait d’une base nautique. Surnommée « la lionne » ou « la guerrière » pour sa pugnacité tout au long de sa carrière, Jessica Chavanne a développé en parallèle une activité de coaching avec sa société, Propulsion mentale.

Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
De la musique. Je ne suis jamais seule et je me sens partout chez moi avec de la musique. Et si j’ai besoin d’outils, je les fabriquerai.

Votre principal trait de caractère ?
La résilience, ma capacité à surmonter l’adversité. J’ai beaucoup de patience et je ne lâche jamais. Je l’ai montré dans mon parcours sportif. J’ai appris seule et j’ai commencé en étant monitrice et en louant des jet-skis sur la plage. Je rêvais de faire de la compétition, je n’en avais pas les moyens financiers. J’ai pu intégrer une équipe à 28 ans mais je n’ai démarré le haut niveau qu’à l’âge de 34 ans.

L’odeur qui vous ramène à votre enfance ?
Les frites maison de mes grands-parents.

De quel luxe ne pourriez-vous pas vous passer ?
Le sport. Il y a toujours un minimum d’équipement à acheter et c’est vite coûteux. Je ne fais pas de vélo de route pour cette raison-là. Si vous aviez un super-pouvoir ? Donner aux gens la possibilité de mener la vie dont ils rêvent.

Dans la vie, sur quels obstacles butez-vous ?
Par le passé je faisais les choses seules pour ne pas déranger, mais aussi parce que je fonctionnais ainsi depuis petite, j’ai été éduquée comme ça. Ainsi il m’arrive encore parfois de ne pas savoir s’il est pertinent de demander de l’aider ou non.

Quelle personnalité du monde culturel ou sportif pour une soirée en tête-à-tête ?
David Gogguins. Il a été battu par son père, est allé très peu à l’école mais il a réussi à suivre la formation des Navy Seals et à devenir ultra-marathonien. On le présente comme l’homme le plus fort de la terre, d’autres comme un extraterrestre… Il est très inspirant, il a su dépasser ses peurs et ses ombres.

Votre côté le moins écolo ?
Mes déplacements à travers le monde pour les compétitions, mais pas le jet-ski lui-même. Le lac de Muret, sur lequel je m’entraîne, est l’un des plus propres de la région. Les turbines du jet-ski jouent dans l’oxygénation de l’eau, ce qui empêche la formation d’algues, notamment. En ce moment, je m’entraîne à côté des hérons et des aigrettes.

Et si vous étiez un homme…
Je suis heureuse d’être qui je suis. J’ai beaucoup travaillé sur mon mental et sur mon corps – j’ai 41 ans et mes concurrentes actuelles en compétition ont entre 16 et 29 ans –, je ne veux pas en changer !
Quel est votre film de chevet ?
Je pense à Creed 2 et à Rocky 3. Toujours en lien avec des gens qui sont partis de pas grand-chose mais ont pu aller très loin. Je me sens un peu comme eux.

Et Dieu dans tout ça ?
Il est présent, pas dans une religion, mais dans l’univers, dans la nature et son parfait équilibre, dans tout ce qui nous entoure.
Proposition recueillis par Johanna Decorse
Photo : Rémy Gabalda - ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/L-interview-off-de-Jessica-Chavanne,52785