« Numalis s’est construite sur une idée simple », résume son dirigeant, le chercheur Arnault Ioualalen. « L’IA peut entrer dans des environnements critiques, comme le ferroviaire, l’aéronautique, la défense ou encore la santé, à condition de rassurer tout le monde, des concepteurs aux autorités, en passant par les certificateurs. »
Pour proposer son aide aux industriels, la start-up avance sur deux jambes. La première est normative : Numalis revendique une contribution active aux standards nationaux et internationaux, comme l’Iso, afin de définir des métriques, des processus et des bonnes pratiques sur l’IA de confiance. En parallèle, l’entreprise a développé Saimple, un outil qui évalue et valide la robustesse des modèles d’IA. Cette approche s’est élargie avec le temps : au fil des missions, Numalis a constaté que, dans les grands groupes, les freins à l’industrialisation de l’IA relevaient autant des enjeux technologiques que des conditions organisationnelles de leur mise en œuvre. L’entreprise a ainsi structuré une offre intégrée articulant gouvernance, outillage et développement des compétences, notamment au travers de sa plateforme Aicet, conçue pour cartographier, évaluer et attester les savoir-faire en intelligence artificielle au sein des organisations.
Sept ans pour « dé-risquer » l’IA en milieu ferroviaire
Côté SNCF, la logique est claire. « Avant d’industrialiser des cas d’usage IA dans un univers où la sécurité est non négociable, il faut poser un cadre. Le partenariat avec la SNCF a démarré en 2018, autour de cas concrets et d’un objectif : tester et valider la robustesse des modèles avant déploiement, tout en accompagnant la montée en compétence des équipes », explique Arnaut Ioualalen. La prise de participation de 574 Invest, le fonds d’investissement du groupe SNCF en ce début 2026, est une nouvelle étape de cette relation. Sur les montants, l’opération reste discrète : le fonds et l’industriel ne communiquent pas le ticket ni le pourcentage exact, évoquant une participation minoritaire. Numalis, de son côté, explique que ce soutien doit accélérer le développement commercial et la R&D.
Des perspectives internationales dans un cadre réglementaire sécurisé
Aujourd’hui, Numalis emploie une vingtaine de personnes, majoritairement des ingénieurs et des chercheurs, et affiche 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Avec cette nouvelle levée de fond, les perspectives sont d’accélérer la diffusion d’Aicet, continuer l’industrialisation de Saimple, et regarder au-delà du marché français, en Europe et en Asie. Avec, en toile de fond, un pari : dans l’IA, la prochaine bataille ne se gagnera pas seulement à la performance des modèles, mais à leur capacité à être maîtrisés. Et dans ce contexte, l’IA Act est un appui. « La régulation européenne ne ferme pas la porte à l’innovation, elle fixe un seuil minimal permettant à des filières de déployer leurs systèmes d’IA en toute confiance », conclut le dirigeant.
Valérie Ravinet
Sur la photo : Numalis était présent à Vivatech. - Crédits : Numalis.
