Elle s’était jurée de ne jamais monter sa boîte. Et puis, après une première expérience dans la communication, Maylis Daussy a le sentiment « d’avoir fait le tour ». Fraîchement diplômée de TBS Education, elle a intégré Innov’ATM, à Cugnaux, qui servira de terrain d’expérimentation aux futurs Petits Papiers. Avec le soutien de sa responsable, elle pose en salle de pause un premier papier peint de 4 x 2 mètres. « Les équipes, ce sont principalement des développeurs. On cherchait quelque chose qu’ils puissent faire ensemble, tout en discutant, pour changer du traditionnel baby-foot », précise-t-elle. L’accueil est positif.
Et l’idée fait son chemin. Après une étude de marché concluante, une conviction s’impose : ce serait dommage de laisser le projet à un autre. Alors, elle saute le pas. Les statuts des Petits Papiers sont déposés en 2025 et la commercialisation lancée dans la foulée, d’abord en B2C avant un pivot vers le B2B. « C’est un produit trop cher, made in France, responsable et de qualité. C’est un positionnement un peu haut pour le marché des particuliers », explique Maylis Daussy. Une refonte du site, et c’est reparti.
« Le coloriage, c’est de l’art-thérapie »
« Le coloriage c’est aussi de l’art-thérapie. Il entraîne ce qu’on appelle un état de flow, lorsqu’une personne est totalement absorbée et satisfaite par son occupation. On ‘pose le cerveau’, on se met en mode automatique », explique Maylis Daussy. Une activité qui fait du bien à la tête... surtout lorsqu’elle vient remplacer le smartphone à la pause. « On crée de l’interaction tout en laissant de la place à la discussion. Et puis, ça permet de créer une œuvre collective », poursuit la jeune entrepreneure. Un véritable levier de culture d’entreprise, d’attachement des salariés et de renforcement de la marque employeur.
La gamme se décline en papiers peints et en stickers, « microventousés avec une colle qui n’accroche pas les murs, pour un décollage ultra facile ». Seul impératif : apposer sur une surface globalement lisse, « on évite le crépi ! » Des supports coloriables au feutre, effaçables ou non, dans des formats qui démarrent à 30 × 70 cm et montent jusqu’à plusieurs dizaines de mètres carrés. Trois niveaux d’offre : un catalogue avec un prix simple, une personnalisation légère d’un visuel existant ou du sur-mesure total. « Là, on peut s’amuser ! On fait ce qu’on veut, par exemple un cherche-et-trouve avec le patron ou une fresque représentant l’histoire de l’entreprise. C’est clairement ce que je privilégie, de travailler le projet en amont avec les organisations », indique-t-elle.
Premiers projets en cours de finalisation
À terme, Maylis Daussy aimerait développer son offre de stickers pour les tables, meubles et vitres, enrichir les visuels disponibles et explorer le marché international. Déjà presque à l’équilibre - « je n’ai pas de stocks et très peu de charges » - elle vise 50.000 euros de chiffre d’affaires pour sa première année d’activité.
Les premiers projets se mettent en place, ici dans une mairie, là dans un espace de coworking. Son cœur de cible, ce sont les professionnels : collectivités, crèches, écoles, Ehpad, entreprises avec des locaux et des salariés, en résumé « tous les lieux accueillant du public avec un mur disponible ». Les hôpitaux, aussi. Celui des enfants, à Purpan, lui tient particulièrement à cœur : « Je me suis promis d’y poser un jour un mur et je suis même prête à leur offrir », confirme la Toulousaine. À bon entendeur.
Marie-Dominique Lacour
Sur la photo : Maylis Daussy devant le premier mur réalisé chez Innov’ATM. Crédit : Les Petits Papiers.
