En cette fin de matinée ensoleillée de printemps, on affiche un large sourire à la Banque Populaire Occitane. Tous les indicateurs de la banque régionale sont au vert, en progression importante par rapport à une année 2024 déjà bonne. L’an dernier, la Banque Populaire Occitane affiche ainsi un produit net bancaire (PNB) de 410 millions d’euros, en progrès de 10,8 %. Son résultat net est annoncé à 92,5 millions d’euros, en progression de 25 %, tandis que son résultat brut d’exploitation s’établit à 150,9 millions d’euros (+26,5 %). « C’est un millésime historique, meilleur encore que celui de 2022, qui avait déjà été exceptionnel. Cela montre une vraie dynamique commerciale. C’est le signe que notre stratégie de présence sur des marchés très divers (fonction publique, agriculture, artisanat, etc.) est payante », considère Christophe Bosson, le directeur général de la Banque Populaire Occitane.
La banque coopérative régionale revendique une hausse de son nombre de clients qui serait passé de 613.334 à 617.927. Le nombre de sociétaires passe le cap des 200.000 sociétaires (202.019 pour être précis contre 199.160 en 2024). Que ce soit pour les particuliers ou les professionnels, la banque régionale aurait octroyé plus de crédits en 2025. 45.700 projets auraient ainsi été financés pour un volume total de 2,9 milliards d’euros de crédits distribués. Les crédits immobiliers (1,2 milliard) auraient fortement augmenté (+35,9 %) tout comme les crédits d’équipement (1,4 milliard, en hausse de 21,4 %).
Comment expliquer de si bons résultats alors que, nationalement et internationalement, les crises politiques et les guerres se succèdent ? La réponse de la présidente du conseil d’administration de l’établissement bancaire régional est plus ou moins rassurante. « Il y a une forme d’habituation aux crises. Côté entreprises, par exemple, il y a une obligation d’investir à un moment. Ne pas faire d’investissement, c’est se condamner à mort à plus ou moins brève échéance. L’attentisme à ses limites. Tous les acteurs économiques, en réalité, se sont dit qu’il fallait faire avec ces incertitudes importantes et aller de l’avant », analyse Catherine Mallet, par ailleurs dirigeante du groupe familial Actia, spécialisé dans la fabrication de systèmes électroniques.
Intelligence artificielle et guerres au Moyen-Orient
Côté emploi, la Banque Populaire Occitane revendique fortement le fait « qu’elle n’ait pas détruit de postes en 2025 » malgré le regroupement de certaines de ses agences. La banque est passée de 201 à 195 agences entre 2023 et 2025 mais le nombre de collaborateurs annoncé s’élève à 1940. En 2023, ils étaient 1982 et, en 2022, 2147. « L’intelligence artificielle ne remplacera jamais nos conseillers. L’IA est une aide pour aller plus vite dans la gestion des dossiers, mais le contact humain restera fondamental. Nous croyons plus que jamais à des parcours mêlant numérique et physique pour nos clients. Nous voulons faire en sorte que chacun d’entre eux n’ait pas à faire plus de vingt kilomètres pour se rendre dans une de nos agences », assure Christophe Bosson.
Et quid de cette année 2026 ? Sera-t-elle aussi gagnante pour la banque régionale ? Les dirigeants de la Banque Populaire Occitane se montrent prudents. « Si les guerres au Moyen-Orient se poursuivent et s’intensifient encore, l’impact sur l’économie mondiale, et particulièrement dans le secteur énergétique, pourra être important, voire très important. Le ralentissement pourrait être alors perceptible jusqu’en Occitanie », reconnaît le directeur général de la Banque Populaire Occitane, avec un ton plus grave que lors du reste de sa présentation.
Matthias Hardoy
Sur la photo : Catherine Mallet, présidente du conseil d’administration de la Banque Populaire Occitane, et Christophe Bosson, directeur général de la Banque Populaire Occitane. Crédit : M.H-ToulÉco.
Un financement de la défense pas encore dynamique
L’an passé, Christophe Bosson avait évoqué, lors du bilan 2024 de sa banque, la question du financement des dépenses militaires dans le contexte des tensions avec la Russie de Vladimir Poutine. « Le financement de l’industrie militaire est très contrôlé, très réglementé, en particulier au niveau européen. Si l’effort militaire important que l’on nous annonce doit avoir lieu, il va falloir absolument assouplir ces règles », estimait alors le dirigeant de la Banque Populaire Occitane. Cette année, alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, le dirigeant confie que le desserrement réglementaire a eu lieu « au niveau national et européen ». « Mais les banques ne sont pas encore confrontées à des projets importants du secteur de la défense. Il faudrait sûrement une impulsion plus forte au niveau de l’État », considère le banquier occitan.
