ToulÉco

Publié le jeudi 21 décembre 2017 à 18h16min par Agnès Fremiot

Depuis Toulouse, FeelObject met la fabrication additive au service du handicap

La start-up FeelObject, spécialisée dans la fabrication additive, a lancé Virtuoz, un plan en 3D interactif destiné aux déficients visuels pour leur permettre de se déplacer aisément dans un bâtiment inconnu. Sa commercialisation est prévue début 2018.

La start-up FeelObject se spécialise dans la fabrication additive de pièces polymères et composites. Elle cible une clientèle BtoB dans le secteur de la mobilité (aéronautique, automobile et drone). « Grâce à l’impression 3D, nous pouvons personnaliser et configurer à l’infini les pièces que nous réalisons. Nous levons ainsi les contraintes liées à la fabrication traditionnelle », explique Céline Favy-Huin, cofondatrice de l’entreprise.

Les trois associés, qui ont créé Feelobject, ont souhaité donner une implication sociétale très forte à leur société industrielle C’est dans cet ordre d’idée qu’ils ont travaillé à la création d’une carte destinée aux déficients visuels. « Nous nous sommes servis de notre savoir-faire dans la fabrication additive pour apporter une innovation autour du handicap. »

Un test réussi et une première commande pour Enedis

Cette réflexion a abouti à la création de Virtuoz, « la partition d’un lieu qui permet aux personnes mal ou non-voyantes de se déplacer en autonomie dans des bâtiments ». Il s’agit d’un plan en 3D, pour le toucher, auquel vient se coupler une partie électronique pour le son. « Ainsi, les personnes souffrant d’un handicap visuel peuvent se représenter mentalement un lieu et se l’approprier avant de l’explorer », note Céline Favy-Huin. « Nous avons ainsi conçu la première solution autonome pour leur permettre de se déplacer dans un bâtiment inconnu. Le GPS ne fonctionne pas à l’intérieur et les autres installations nécessitent une mise en place lourde avec des capteurs. »

La preuve de concept du projet porté par FeelObject a été réalisée avec la collaboration d’Enedis, qui l’a utilisée à titre de test pour un étage de l’un de ses bâtiments, et qui a déjà passé une première commande à FeelObject. Céline Favy-Huin est convaincue aussi du potentiel de cette invention pour les lieux touristiques et culturels, les mairies, les établissements d’enseignement …

Une levée de fonds de 500.000 euros en perspective

FeelObject a déjà reçu deux commandes fermes en grand et petit format de la part de la Mission nationale diversité d’Enedis, pour leur siège social à La Défense. La commercialisation de la carte Virtuoz va véritablement démarrer en 2018. Pour se développer et surtout recruter, la société envisage une levée de fonds de 500.000 euros. « Notre objectif est d’embaucher trois personnes d’ici un an et sept dans les trois ans à venir. Nous souhaitons recruter dans le but d’accélérer les ventes de Virtuoz en France et attaquer l’international. » Avec un premier bilan de 30.000 euros, l’entreprise vise les 4 millions d’euros d’ici cinq ans.
Agnès Frémiot

Sur la photo : Céline Favy-Huin, cofondatrice de FeelObject, la société qui porte le projet de la carte Virtuoz. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco