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Publié le dimanche 24 novembre 2019 à 19h00min par Sophie Arutunian

Salon aéronautique de Dubaï : quel bilan pour Airbus et ATR ?

Airbus a signé deux contrats majeurs totalisant 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) au Dubaï Airshow, qui s’est achevé jeudi 21 novembre. Pour ATR, la situation géopolitique au Moyen-Orient rend le marché plus difficile.

Bilan positif pour Airbus lors du Dubaï Air Show 2019. L’avionneur européen a signé deux contrats majeurs totalisant 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros). De son côté, le concurrent américain Boeing a vendu, pour 1,2 milliard de dollars, dix de ses 737 Max dont la flotte est clouée au sol depuis mars. Les bonnes affaires d’Airbus viennent de la compagnie de Dubaï, Emirates, la plus importante du Moyen-Orient, qui a annoncé une commande ferme de 16 milliards de dollars (14,4 milliards d’euros) pour l’achat de cinquante Airbus A350-900. « Je suis très fier que l’Airbus A350 ait été choisi par Emirates. C’est une très bonne nouvelle pour Airbus », s’est félicité son PDG, Guillaume Faury. Le réseau d’Emirates, qui a annoncé début novembre avoir presque triplé ses bénéfices semestriels, comprend plus de 158 destinations dans quatre-vingt-quatre pays. Sa flotte est composée de 271 gros-porteurs, dont 113 Airbus A380 et 158 Boeing 777.

Par ailleurs, la compagnie aérienne à bas coût Air Arabia a signé pour sa part un contrat d’achat de 120 Airbus A320 pour un montant de 14 milliards de dollars (12,6 milliards d’euros). Fin octobre, la famille des monocouloirs A320 (A318, A319, A320 et A321), lancée en 1987, était devenue le type d’avions le plus commandé de l’histoire de l’aviation commerciale, avec 15.193 appareils, devançant le Boeing 737 (15.136 appareils), dont la première génération remonte à 1967, selon les données des avionneurs.

Bilan plus contrasté pour ATR

ATR, de son côté, n’a pas enregistré de commandes sur le Dubai Airshow. En effet le concept d’aviation régionale au Moyen-Orient est très différent des autres marchés. En raison de gros flux de passagers, les routes qui relèvent habituellement de l’aviation régionale (autour de 300 milles nautiques) sont bien souvent opérées par de plus gros appareils. Par ailleurs, la situation géopolitique représente un frein au développement de la connectivité régionale. « Nous voyons un potentiel de marché à vingt ans d’environ soixante-dix nouveaux turbopropulseurs », projette ATR, « néanmoins, nous jouons un rôle clé au Moyen-Orient en offrant aux communautés locales un outil unique de connexion au reste du monde, ouvrant des accès à l’éducation, à la santé, à la culture et à l’économie mondiale ».

Dans la région élargie du salon, les compagnies opèrent 115 ATR au Moyen-Orient et en Afrique, et plus de soiante appareils en Inde. « Le Dubaï Airshow a été pour ATR une occasion de présenter ses dernières innovations et développements, notamment le lancement récent de l’ATR 42-600S, la version à décollage et atterrissage courts de l’ATR 42-600, ainsi que les premières livraisons d’appareils disposant de la technologie ClearVision, le système d’ATR qui offre au pilote une vision améliorée qui lui permet d’opérer dans des conditions de faible visibilité », indique le fabricant d’avions régionaux dans un communiqué.
S.A.

Sur la photo : L’équipage de conduite et le personnel de cabine d’Emirates posent pour une « photo de famille » devant l’A380 exposé au salon aérien de Dubaï 2019. Crédits : Airbus - Master films - Alexandre Doumenjou

P.S. :

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