Née en 1946 avec Roland Garrigou place de la Trinité, sous le nom Midi-Caoutchouc, devenue Midica dix ans plus tard en déménageant place Esquirol, l’enseigne toulousaine fête cette année ses 80 ans. Plusieurs générations s’y sont succédé, poussant ses portes avec, à chaque fois, la quasi-certitude d’y trouver ce qu’elles cherchaient. Ce grand « bazar », qui a compté jusqu’à 80.000 références sur cinq niveaux et 5000 m2 de surface de vente, reste un ovni dans le paysage local et même français du commerce. Indépendante depuis sa création, l’entreprise familiale s’est muée en véritable groupe en 1987 sous le nom Gefiroga qui, en plus de l’historique Midica, intègre aujourd’hui neuf magasins Intersport, un Intersport Outlet et trois magasins de vêtements multimarques Blackstore.
Il est aujourd’hui dirigé par les petits-enfants du fondateur qui ont pris la suite de leur père, Roland Garrigou ; en 2017 pour Olivier Garrigou, président du groupe Gefiroga, depuis 2024 pour sa sœur Sophie Garrigou, directrice générale. « Il y a eu mille Midica en quatre-vingt ans. Tout a changé tout le temps. On a vendu des jouets, des planches à voile, des boots de ski et des tondeuses et même loué du matériel... En 2019, le magasin, qui avait un peu perdu les jeunes, s’est transformé pour devenir plus urbain, plus déco et plus abordable tout en gardant le bricolage et de grandes marques françaises », témoignent les deux dirigeants. À l’occasion de cette année anniversaire, ils ont ressorti des photos d’archive retraçant l’évolution du grand magasin devenu emblématique à Toulouse et les ont exposées à tous les étages.
Arrivée de Gigiland
La « réforme » de Midica autour des univers de la maison, décidée par la troisième génération, s’est traduite par un gros tri dans les rayons avec la disparition de quelque 40.000 références et de certaines activités comme la découpe du bois et du verre. Le départ du gros électroménager et l’arrivée des caisses automatiques ont aussi marqué les esprits et les effectifs, qui sont aujourd’hui de quatre-vingt-trois personnes, contre cent trente en 2008. La transformation du grand magasin en 2019 s’est accompagnée de l’installation, à l’année, d’un espace restauration, Gigiland, au 4e étage avec terrasse et vue sur les toits d’Esquirol. « C’est la cerise sur le gâteau dans le parcours client », explique l’une des trois associées, Rosine Pelletier-Chabot, au sujet de ce vaste espace avec coin famille, très prisé des nounous du quartier, qui réalise 200 couverts par jour entre le petit-déjeuner, le déjeuner et le goûter.
Alors que les marchés du bricolage et de la décoration sont en recul en France après l’euphorie des années post-Covid, Midica savoure son succès. Le magasin enregistre quelque 970.000 clients par an et affiche un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros, en progression de plus de 2 % en 2024 et 2025. « Nous observons une baisse du panier moyen mais les paniers sont plus nombreux », souligne Benoit Baron, directeur du retail, qui pointe aussi l’impact positif des produits d’appels et des « achats d’impulsion ».
À l’échelle de Gefiroga et de ses 420 salariés dans toute la région Occitanie, le duo Garrigou a stabilisé le chiffre d’affaires à 72 millions d’euros et réduit son périmètre. Les fermetures ont concerné l’Intersport de Mazamet, l’Intersport Outlet de Cahors et le Blackstore à Carcassonne à l’été 2025. En parallèle, les Intersport d’Albi et Blagnac ont été agrandis et l’ancien Go Sport de Gramont a intégré le giron familial. « Nous ne sommes pas dans la croissance pour la croissance », explique Olivier Garrigou. « Nous avons abandonné certains sites, mais sans aucune liquidation judiciaire, pour améliorer notre rentabilité et passer des parts de marché et des parts de profits. »
Johanna Decorse
Sur les photos : L’enseigne Midica au fil des époques. Crédit : Midica. // Sophie et Olivier Garrigou dirigent ensemble le groupe Gefiroga dont le magasin Midica, qui fête cette année ses 80 ans, est le navire amiral. Crédit : J.D. - ToulÉco.




