Et si la milice d’un ennemi, Mercure, menaçait un autre pays, Arland ? Cette attitude obligerait alors la France alliée à réagir. Ce scénario, pas complètement éloigné de la réalité, est l’hypothèse de travail du sixième exercice militaire français baptisé SparteX, pour Space readiness and training eXercice. Le tout dans un espace où circulent quelque 4000 objets spatiaux simulés, vingt-neuf capteurs terrestres de surveillance et de pistage des objets et où vont se produire vingt-huit « événements » de crise. Exemple : un brouilleur a été détecté au sol et un laser éblouit un satellite.
L’entraînement, qui a débuté lundi 8 février, doit durer jusqu’au 27 février en réunissant tous les services civils et militaires participant d’une manière ou d’une autre à la protection de l’espace pour le compte de la France au sein du Commandement de l’espace (CDE), dont le siège est à Toulouse. Dans ce jeu, « la France va montrer son déterminisme à défendre ses intérêts dans l’espace », explique le colonel Olivier Fleury, directeur de l’exercice SparteX. « Elle doit faire la preuve de sa défense active. »
La défense active de la France
Justement, la défense active est la stratégie d’Emmanuel Macron. Lors de sa visite en novembre dernier pour l’inauguration du CDE ; installé dans un vaste bâtiment de 11.000 m² destiné à incarner le cœur du spatial français, le président de la République avait clairement affirmé vouloir doter les armées de moyens plus agressifs dans l’espace. C’est-à-dire des capacités comme des lasers ou des brouilleurs électromagnétiques à même de protéger les satellites d’opérations d’espionnage ou d’entrave.
Au total, 200 personnes participent à cet exercice. Sont également associés les deux principaux organismes civils chargés du pilotage et de la recherche dans le domaine spatial en France : l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) et le Centre national d’études spatiales (Cnes). Des militaires de douze pays, dont des Allemands et des Américains qui « fournissent des joueurs par solidarité stratégique », selon le colonel Fleury, sont aussi de la partie. Ainsi que les grands industriels du spatial et de la défense, MBDA, Safran Data System, Thales Alenia Space. « Nous mettons à disposition notre outil Helix », un service de surveillance spatiale de détection, de suivi et de caractérisation des objets spatiaux, explique Étienne Bosca, ingénieur surveillance de l’espace chez Ariane Group. « Ce qui nous permet d’être au plus prêt de notre client, le CDE. »
Audrey Sommazi
Sur les photos : L’exercice militaire spatial SparteX est mené par 200 participants de douze pays. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.


