Un groupe gersois à l’impact international. Né en 1991 sous forme associative, l’organisme de contrôle et de certification en agriculture biologique Ecocert est devenu une ETI mondiale présente dans trente-six pays [1], œuvrant aussi pour d’autres secteurs (textile, cosmétique, produits de maison, etc.). L’entreprise revendique aujourd’hui 2180 collaborateurs, dont plus de 350 personnes à L’Isle-Jourdain, son siège, et plus de quatre-vingts à Toulouse. Elle prévoit par ailleurs cinquante-neuf recrutements en Occitanie et cent cinquante au niveau national.
Pour cela, il peut compter sur un portefeuille client de 80.000 comptes, dont 2100 dans le Gers et en Haute-Garonne, et sur un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros, en croissance de 4 %. « Lorsque l’agriculture biologique est rentrée dans une crise importante, les autres secteurs sur lesquels nous intervenons ont été des relais de croissance. Actuellement, l’agroalimentaire représente 60 % de notre chiffre d’affaires et les autres secteurs 40 % », indique Philippe Thomazzo, le dirigeant d’Ecocert.
La diversification va donc se poursuivre pour l’entreprise gersoise, avec notamment le déploiement d’une offre de certification dédiée aux matériaux et emballages recyclés. « Nous proposons plus de 150 certifications. Nous commençons à déployer celles concernant les emballages (GRS, RecyClass, Ocean Bound Plastic). Sur cette thématique, il va nous falloir trois à quatre ans pour atteindre un rythme de croisière. Nous espérons que, d’ici dix ans, ce domaine représentera 10 % de notre chiffre d’affaires », explique celui qui dirige Ecocert depuis bientôt vingt ans. Autre voie de croissance, le conseil aux entreprises « pour améliorer leur impact social et écologique ». Cette activité pourrait peser de 2 à 8 % de celle du groupe d’ici à 2030.
« Nous entrons dans une ère de déglobalisation où les circuits courts seront privilégiés »
Certaines entreprises ont l’habitude de se plaindre de l’Union européenne, ce n’est pas le cas de l’ETI du Gers, dont l’action est confortée par certaines directives européennes. « La directive Empowering Consumers, qui va s’appliquer dans l’année, va réglementer sur le marché européen les allégations environnementales sur les packagings. Cela peut encourager les marques à aller vers des certificateurs reconnus comme Ecocert. Pour nous, c’est une opportunité business », reconnaît Pauline Raffaitin, responsable affaires publiques et réglementaires chez Ecocert. D’autres règlementations, comme le passeport européen digital, qui vise à créer « un carnet de santé numérique pour chaque produit », pourraient aussi créer de nouvelles opportunités commerciales pour la société lisloise.
À l’heure où on parle de “backlash écologique” [2] dans les médias, Philippe Thomazzo se montre plutôt positif. « Pour garder les consommateurs, notamment la jeune génération, les marques ont compris qu’elles ne pouvaient pas revenir complètement en arrière, surtout à l’époque où les informations circulent si vite. Les soubresauts géopolitiques font de toute façon que nous entrons dans une ère de déglobalisation, où les économies vont davantage se régionaliser et où les circuits courts seront privilégiés », estime le dirigeant gersois. Son entreprise planche justement sur le lancement d’offres de certification sur l’économie circulaire et les circuits courts. Par ailleurs, Ecocert va lancer en septembre une plateforme [3] permettant aux marques de faciliter le sourcing de leurs matières premières pour mieux répondre aux critères des différents certifications.
Matthias Hardoy
Sur la photo : Venu du monde des jeux vidéo, Philippe Thomazzo dirige Ecocert depuis 2006. Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco.
