Rien ne prédestinait vraiment Patricia Lyautey à entreprendre dans la finance, un secteur trusté à 95 % par des hommes. Mais celle qui est née et a grandi dans une famille d’agriculteurs et de fonctionnaires, parmi des figures maternelles traditionnelles, a justement ressenti très tôt l’envie de travailler pour être indépendante. Après du droit et un master en gestion du patrimoine, elle débute sa carrière en banque privée chez CIC puis à la Société Générale, où elle intègre le vivier des cadres à talents. « Mais, après quinze années très formatrices dans ces réseaux, je ressentais une forme de carcan, et l’envie d’entreprendre s’est imposée », raconte-t-elle. En 2020, elle fonde alors, à Toulouse, le cabinet de gestion privée Lyautey Patrimoine, qui gère aujourd’hui 25 millions d’euros d’encours, et affiche un chiffre d’affaires de 400.000 euros. Elle accompagne chefs d’entreprises, professions libérales et cinquante clients représentant une vingtaine de familles sur des problématiques à 360°, en lien avec la gestion de revenus, de patrimoine, la transmission…
FCE 31 : un réseau sous le signe de la solidarité
Dès 2021, elle rejoint le réseau Femmes chefs d’entreprises (FCE) 31. « J’avais besoin de solidarité, d’entraide, de partage autour de mon expérience de nouvelle cheffe d’entreprise, et j’ai vraiment trouvé tout ça à l’association. » Depuis, elle en est d’ailleurs devenue la présidente avec, dans son sillage, cent cinquante membres. Présente dans toute la France, l’association FCE compte en Haute-Garonne sa plus importante communauté. « Tous les profils et tous les secteurs sont représentés, de la chef d’entreprise à des dirigeantes qui gèrent leur business unit de façon autonome… La plus jeune adhérente a 25 ans, la plus âgée 80, et elle est carrossière ! Voilà qui résume la richesse de notre réseau. »
En 2026, favoriser les rencontres avec l’industrie et le BTP
Parmi les actions de l’association, elle décrit des ateliers de formation et des cafés rencontres réguliers liés à des thèmes d’actualité comme la facturation électronique, la santé mentale de la dirigeante... « La crise a provoqué des incertitudes et, plus que jamais, les dirigeantes ont besoin de se soutenir. De même, je les encourage à prendre des mandats dans d’autres instances comme les chambres de commerce et d’industrie, la chambre d’agriculture, et des syndicats comme le Medef ou la CPME, où les femmes sont insuffisamment présentes. » Pour 2026, FCE 31 a prévu de consacrer des événements à l’utilisation de l’IA au quotidien, et de se rapprocher des secteurs de la tech, de l’industrie et du bâtiment, afin de toucher les femmes qui y travaillent.
Béatrice Girard
Sur la photo : Patricia Lyautey-Carcenac entourée des membres du bureau FCE 31. L’association prône la solidarité entre cheffes d’entreprises. Crédit : Laure Sophie Cordier.
