En cette matinée d’avril 2026, au niveau -1 du Centre de congrès Pierre Baudis de Toulouse, le sous-sol offrait une vue sur maires. Les 37 édiles de la métropole toulousaine étaient en effet réunis pour le premier conseil métropolitain d’une nouvelle ère. Mais ce n’était pas seulement la fête des maires puisqu’un certain nombre de leurs conseillers municipaux, membres de leur majorité bien aimée ou de leur opposition moins appréciée, étaient également présents. Au total, 130 élus dont cinquante-quatre petits nouveaux, soit un renouvellement de 40 %.
Pour la présidence, en revanche, pas de changement. Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc est réélu, sans surprise, président de Toulouse Métropole avec 101 voix. L’édile de centre-droit à en effet réussi de nouveau à négocier un pacte de gouvernance avec un groupe de gauche mené par la maire socialiste de Colomiers, Karine Traval-Michelet, et le groupe d’élus indépendants présidé désormais par le maire de Blagnac, Joseph Carles. La première, deuxième vice-présidence, rempile au portefeuille de l’habitat tandis que le second décroche une délégation particulièrement stratégique, l’économie et l’aéronautique, en tant que troisième vice-président.
Vincent Terrail-Novès (Balma), premier vice-président, continuera de s’occuper des déchets et de l’économie circulaire. Dominique Faure (Saint-Orens) est de retour et reprend l’ancien portefeuille de Joseph Carles, la contractualisation et l’attractivité. Les élus toulousains se taillent ensuite la part du lion parmi les portefeuilles à fort enjeu, avec Gaëtan Cognard vice-président à l’écologie, Sacha Briand aux finances, Jean-Baptiste de Scorraille à l’urbanisme et Maxime Boyer aux mobilités.
Urbanisme, transports et emploi au menu métropolitain
Lors d’un discours inaugural à la tonalité beaucoup plus apaisée que lors de sa réélection à la mairie de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a détaillé ses priorités pour son nouveau mandat à la tête de la Métropole, en insistant tout particulièrement sur la question du logement. « Il va falloir faire vivre le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI-H) que nous avons voté en fin d’année dernière. Il faudra dérouler la feuille de route dans un contexte de crise profonde du logement [...] On ne produit pas assez de logements, pas assez de logements sociaux [...] Il faut mobiliser tous les outils pour être des facilitateurs dans ce domaine », estime le président de Toulouse Métropole, qui annonce pour septembre un grand séminaire sur ce dossier majeur. Il devrait réunir tous les maires de la métropole, les équipes en charge du logement aux niveaux métropolitain et des communes ainsi que tous les acteurs du secteur (promoteurs, bailleurs sociaux, architectes, notaires, agents immobiliers, etc.).
Parmi les autres sujets abordés, le maire de Toulouse a réaffirmé sa volonté de « créer un Grand conseil économique réunissant les forces économiques de la métropole pour dialoguer sur les grands dossiers ayant trait à l’économie et l’emploi ». Sur la question de la LGV et du Services express régional métropolitain (SERM), il appelle l’État à plus de volontarisme. « Le SERM ne pourra pas voir le jour sans un engagement financier conséquent de l’État [...] Sur la LGV Toulouse-Bordeaux, nous avons obtenu du Premier ministre qu’il ouvre très rapidement des discussions sur son financement. Nous avons espoir que l’État se positionne de manière plus positive sur la question », assure Jean-Luc Moudenc.
Sur les dossiers économiques, l’élu de centre-droit a redit son soutien aux projets de développement d’Airbus, « qui veut étendre ses activités sur 18 hectares supplémentaire » et de Safran, qui voudrait investir 120 millions d’euros dans son site Safran Power Units à Toulouse. Il a montré « un soutien plus mesuré » au projet spatial Bromo, qui vise à regrouper certaines activités majeures du spatial européen (Airbus Defence and Space, Leonardo et Thales Alenia Space) au sein d’une seule entité mais crée « des inquiétudes légitimes sur l’emploi », a reconnu le président de Toulouse Métropole.
Deux gauches à la Métropole
Enfin, ce premier conseil métropolitain fut l’occasion de voir s’exprimer deux visions de la gauche. D’un côté, celle de Karine Traval-Michelet, dans la majorité métropolitaine, qui a présenté son groupe comme celui de « la gauche du réel, laïque et républicaine, qui a fait le choix de la responsabilité » en travaillant avec la droite, le centre et les indépendants « pour l’avenir du territoire ». De l’autre, l’insoumis François Piquemal s’est dit le représentant d’une gauche « qui ne supporte pas le manque de cohérence entre ce qu’on déplore à Toulouse par rapport aux baisses des budgets et ce qu’on vote à Paris ». L’ancien candidat à la mairie de Toulouse a affirmé qu’il « ne fallait pas se résoudre aux politiques d’austérité à Paris qui ont des conséquences dans les territoires ». Enfin, Régis Godec, pour le groupe écologiste, a déploré que l’élection du président de Toulouse Métropole soit indirecte. « Une métropole a des pouvoirs très importants, un budget de plus d’un milliard d’euros pour la nôtre. Il faudrait que les citoyens puissent élire directement celui qui la dirige », estime l’ancien candidat de la gauche unie (hors LFI) pour la métropole. Dans tous les cas, l’opposition de gauche reste divisée. Les élections ont laissé leurs traces.
Matthias Hardoy
Sur les photos : Le jeudi 9 avril 2026, Jean-Luc Moudenc a été réélu président de Toulouse Métropole après une élection sans surprises lors du premier conseil métropolitain qui avait lieu au Centre de congrès Pierre Baudis de Toulouse. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.
Les vice-présidents de Toulouse Métropole :
1. Vincent Terrail-Novès (Balma), 1er vice-président aux Déchets et à l’économie circulaire
2. Karine Traval-Michelet (Colomiers), 2e vice-présidente à l’Habitat
3. Joseph Carles (Blagnac), 3e vice-président à l’Économie et à l’aéronautique
4. Dominique Faure (Saint-Orens), 4e vice-présidente à la Contractualisation et à l’attractivité
5. Aurélien Andreu-Seigné (Cugnaux), 5e vice-président à la Culture
6. Gérard André (Aucamville), vice-président à la Coopération pour les politiques de tranquillité
7. Grégoire Carneiro (Castelginest), vice-président à la Gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations
8. Gaëtan Cognard (Toulouse), vice-président à l’Écologie
9. Sacha Briand (Toulouse), vice-président aux Finances
10. Isabelle Ferrer (Toulouse), vice-présidente aux Campus économiques
11. Romain Vaillant (Villeneuve-Tolosane), vice-président à la Déclinaison du Plan climat dans les communes
12. Laurence Katzenmayer (Toulouse), vice-présidente à la Rénovation des logements
13. Jean-Baptiste de Scorraille (Toulouse), vice-président à l’Urbanisme
14. Maroua Bouzaida (Toulouse), vice-présidente à la Cohésion sociale
15. Arnaud Sigu (Bruguières), vice-président à l’Eau et à l’assainissement
16. Marine Lefèvre (Toulouse), vice-présidente à l’Aménagement, au patrimoine et à la politique foncière
17. Jean-Jacques Bolzan (Toulouse), vice-président à la Voirie
18. Henri de Lagoutine (Toulouse), vice-président aux Sports
19. Maxime Boyer (Toulouse), vice-président aux Mobilités
20. Frédéric Parre (Tournefeuille), vice-président

