Ce fut une de plus grandes figures du Parti socialiste de la fin du vingtième siècle et du tout début du vingt-et-unième. L’ancien Premier ministre Lionel Jospin (1997- 2002) est mort lundi 23 mars à l’âge de 88 ans. L’homme de la “gauche plurielle” avait un lien particulier avec la Haute-Garonne. Il y débarque en 1986 après un inattendu parachutage qui le fait devenir le député de la septième circonscription du département. Il choisit le village de Cintegabelle comme son fief électoral pour tous les combats haut-garonnais à venir. Le collège de la commune porte d’ailleurs son nom depuis 2022 par la volonté du maire d’alors et actuel président du Conseil départemental de Haute-Garonne, Sébastien Vincini. Lionel Jospin fut également conseiller départemental de la Haute-Garonne de 1988 à 2002, son plus long mandat local. Il est aussi conseiller régional dans la Région Midi-Pyrénées sous Martin Malvy, de 1992 à 1997.
En Occitanie, la classe politique a réagi fortement à cette disparition. Sébastien Vincini a exprimé « son émotion immense tant le lien affectif avec celui qui fut notre conseiller général dans ma commune de Cintegabelle, de 1988 à 2002, est fort ». « Lionel Jospin est celui qui m’a éveillé à la politique et qui a forgé mon engagement. Ces dernières années, lors de nos échanges réguliers, il éclairait la situation complexe de notre pays par son analyse avisée [...] Il voulait une France fidèle à l’idéal républicain, une France qui devait s’inscrire dans le progrès, concilier les aspirations individuelles, l’intérêt général et l’harmonie sociale », confie le président de Haute-Garonne.
Carole Delga a elle aussi tenu à réagir à cette disparition. « Lionel Jospin demeure, pour moi, d’abord associé au progrès social. Les grandes conquêtes accomplies entre 1997 et 2002, sans que le pays ne soit fracturé, portent la marque de l’éthique, de la rigueur et d’une connaissance profonde des Français », salue la présidente socialiste de la Région Occitanie, pour qui « il laisse un héritage politique immense qui doit continuer à nous guider face aux désordres du monde et aux outrances de notre époque ».
Même le maire réélu de Toulouse Jean-Luc Moudenc a publié un communiqué sur ce décès. « Fidèle à ses principes - ceux d’une gauche républicaine attachée à la laïcité et à la justice sociale - Lionel Jospin n’a jamais cédé aux facilités ni aux compromissions [...] Dans une époque où le doute gagne souvent la vie publique, il aura maintenu une ligne claire, exigeante, guidée par le sens de l’État », considère l’édile de centre-droit.
