C’est accompagné de plusieurs ministres que Sébastien Lecornu s’est rendu à Toulouse ce jeudi 7 mai. Le Premier ministre a annoncé un financement de 500 millions d’euros pour lancer les appels d’offres en 2026 de la Ligne à grande vitesse. Déclarée d’utilité publique (DUP) en 2016, elle doit relier Toulouse à Bordeaux. « Ce projet est irréversible », a affirmé Sébastien Lecornu, qui a fixé à octobre un point de procédure avec les élus locaux. Pour concrétiser cet engagement, le Premier ministre a signé un protocole politique de financement avec les collectivités concernées. « Le projet a pris du retard », a convenu Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports. « Nous souhaitons aller le plus rapidement possible », a-t-il ajouté, sans toutefois donner de date de mise en service.
« Je mets le Premier ministre et le président de la République face à leurs responsabilités"
Il faut dire que la parole de l’État sur la LGV était très attendue. Car le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), qui avait été dévoilé par le site d’information Contexte, était alarmant. Cet organe consultatif composé d’experts et de parlementaires, placé auprès du ministre chargé des Transports, avait estimé que la ligne, initialement prévue en 2032, serait reportée à 2035. Le COI avait également indiqué que le budget initial de 14 milliards d’euros pourrait être dépassé de 20 %. En colère, Carole Delga, la présidente de la Région avait vivement réagi le 20 avril sur son compte X : « Cela serait un véritable mépris républicain. » « Je mets le Premier ministre et le président de la République face à leurs responsabilités. Nous avons déjà engagé 2 milliards d’euros de travaux. Ne les jetons pas dans la Garonne. »
Un projet d’un autre temps, totalement démesuré et hors sol
« C’est un acte fort. Vous venez concrétiser la parole de l’Etat », a salué Sébastien Vincini, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne. « Mais, il faut aller jusqu’au bout par contre », a-t-il prévenu.
Pour Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées, l’engagement de l’État « est faire peu de cas de la détermination effectivement irréversible des opposantes et opposants à ce projet et de la réalité matérielle, environnementale, sociale et financière des faits sur les très nombreux problèmes que présente ce projet d’un autre temps, totalement démesuré et hors sol, en contradiction avec tous les objectifs et obligations qu’un tel projet devrait remplir ». Les opposants prônent « une rénovation urgente des lignes existantes ».
Audrey Sommazi
Sur la photo : À Toulouse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé un protocole de financement avec les collectivités locales favorables à la Ligne à grande vitesse. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.



