Cinq ans après la crise du Covid-19, la filière aéronautique a retrouvé sa pleine croissance pour atteindre le niveau enregistré en 2019, année de tous les records. Et ce, malgré les « chocs externes », selon Olivier Andriès, le président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), à savoir l’inflation des coûts de l’électricité et la hausse des tarifs des douanes imposés par Donald Trump. Les 540 entreprises membres de ce syndicat patronal des industries aérospatiales françaises, qui emploient 230.000 personnes, ont généré un chiffre d’affaires de 85,6 milliards d’euros (+12 % par rapport à 2024) et plus de 88 milliards d’euros de commandes. Ces résultats, publiés lors d’une conférence de presse organisée jeudi 6 mai, sont stimulés par l’export qui représente 60 milliards d’euros (+15 %).
Mais ce bilan est terni par une ombre. « La situation est compliquée pour la chaîne de fournisseurs en raison de problèmes d’approvisionnement de composants critiques et de matières premières », observe Hélène Moreau-Leroy, la présidente du Groupement des équipementiers aéronautiques, de défense et du spatial (GEADS). Conséquence, des retards de livraison sont encore constatés « même si la situation s’améliore ». L’autre problématique des sous-traitants est leur capacité à investir pour assurer la montée en cadence de la production. Car une quarantaine d’entre eux sont « un peu fragiles ».
20.000 recrutements en 2026
Et, pour 2026-2027, l’industrie aéronautique « garde le cap et la boussole », assure Olivier Andriès. La filière devra recruter 20.000 personnes sur fond « d’une vraie pénurie d’ingénieurs », a souligné Clémentine Gallet, présidente du Comité Aéro-PME du Gifas. « On en forme 40.000 par an et on en aurait besoin d’à peu près le double », a-t-elle souligné.
Si la défense ne représente qu’un quart des activités du Gifas, elle peut néanmoins être un débouché pour la filière. Car les commandes militaires sont de plus en plus importantes, a précisé Olivier Andriès qui « se réjouit » de l’augmentation du budget des armées – 36 milliards d’euros supplémentaires - dans le cadre de la loi de programmation militaire.
Face à la guerre au Moyen-Orient, la filière aérospatiale française pourrait accélérer ses ventes militaires en Europe en raison du désengagement des États-Unis auprès de leurs clients européens. « Il y a une opportunité indirecte » pour que la « préférence européenne » dans la défense soit mise en œuvre, espère Olivier Andriès, le directeur général de Safran.
Audrey Sommazi
Sur la photo :Archive : Premier atterrissage de l’Airbus A350 sur le tarmac à Toulouse Blagnac du constructeur Airbus accueilli par les ouvriers et les ingénieurs d’Airbus. La filière devra recruter 20.000 personnes en 2026. Photo Rémy Gabalda
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