Figeac Aero dévisse au premier semestre mais voit pointer la reprise

Le groupe lotois subit une perte de son chiffre d’affaires de 58 % en raison notamment de la crise du Coronavirus. Mais la PME s’est mise en ordre de marche pour la reprise de l’activité et perçoit une lueur d’espoir.

Arrêt de la production du Boeing 737 max, ralentissement des cadences long-courriers en lien avec l’atonie du transport aérien causée par la pandémie mondiale, certification décalée du Boeing 777X… Figeac Aero vacille. Le groupe lotois enregistre au premier semestre 2020, entre avril et septembre, une baisse record de son chiffre d’affaires de moins de 58 % pour s’établir à 94,4 millions d’euros. L’activité aérostructure subit le plus lourd impact avec un recul de 61,55 %.

« Nous avons été extrêmement touché. Figeac Aero a été cisaillé par cette crise violente », constate avec amertume Jean-Claude Maillard, lors de la présentation des résultats du premier semestre 2020. « Nous avons touché le fond. Pourtant, nous étions le premier sous-traitant européen avec 445 millions d’euros », regrette le dirigeant.

Face à la chute des commandes et au ramp down (baisse des cadences), le chef d’entreprise a réagi avec l’aide de dispositifs. Ainsi, Figeac Aaero a « assuré » sa trésorerie à hauteur de 104,3 millions d’euros en bénéficiant notamment de Prêts garantis par l’État (PGE) d’un montant total de 80 millions d’euros. Le groupe aéronautique s’est aussi appuyé sur l’activité partielle longue durée, mais a taillé dans ses effectifs. Il a supprimé 1000 postes dans ses usines étrangères et a lancé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pour son site de Figeac portant sur 320 personnes.

La CGT annonce d’ores et déjà qu’elle ne signera pas ce PSE. « Des solutions d’accompagnement de départs volontaires et de mesures spécifiques liées à l’âge ainsi que des mesures de réductions du temps de travail de l’horaire auraient pu être trouvés », prévient le syndicat du site lotois dans un communiqué. « Avec ce PSE, le chantage patronal n’est qu’un leurre, les salariés sont pris dans un jeu de poker menteur », poursuit la CGT. Le site de Méaulte en Picardie est aussi menacé avec la perte de vingt-et-un postes.

Deux contrats signés

Néanmoins malgré ce ralentissement net de l’activité, le patron voit pointer une lumière « fragile » au bout du tunnel. « Nous sommes en train de remonter à la surface de la piscine mais nous ne connaissons pas la vitesse de cette remontée car elle est liée à l’évolution de la crise sanitaire. Et je ne me hasarderai pas à donner de pronostics », affirme Jean-Claude Maillard.

Au cours de ce dernier semestre, l’entreprise est parvenue à conclure deux nouveaux contrats. Le premier est noué avec l’Américain Collins Aerospace pour la production de pièces structurelles de nacelles de haute précision et de sous-ensembles pour les programmes A320, A321 et B787. Le second est signé avec le Britannique Rolls Royce pour la fourniture de pièces de type « carter » montées sur les moteurs de l’A350. Le tout représente un montant global de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Audrey Sommazi

Sur la photo : un salarié travaille dans cette entreprise, spécialisée dans la production de pièces de structure en alliages légers et en métaux durs. Crédits : Figeac Aéro.

Tous les lundis, retrouvez l’actualité de l’aéronautique régionale sur touleco.fr.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Aeronautique-Figeac-Aero-devisse-au-premier-semestre-mais-voit,30202