Elle était annoncée depuis l’été dernier, désormais c’est chose faite, l’UIMM Occitanie est née le 1er janvier 2026 de la fusion des chambres MP-Occitanie et Méditerranée-Ouest. Une étape stratégique : avec 713 entreprises adhérentes, et représentant plus de 86.000 salariés sur dix départements occitans, la nouvelle entité régionale devient la deuxième plus grande UIMM du pays, derrière l’Île-de-France. Un poids qu’elle compte bien utiliser pour défendre les intérêts d’un secteur confronté à des vents contraires.
Selon Didier Katzenmayer, désormais président de l’UIMM Occitanie, et par ailleurs directeur des affaires industrielles chez Airbus Operations, « de trop nombreux nuages s’accumulent sous l’effet de l’instabilité des règles et de la pression fiscale ». Entre les droits de douane américains, l’offensive chinoise et l’instabilité politique nationale, le secteur manufacturier européen démarre l’année sans élan. Les carnets de commandes sont en berne dans plusieurs secteurs, notamment l’automobile, le machinisme agricole et la mécanique. L’UIMM Occitanie enregistre des sollicitations croissantes en matière de licenciements économiques et d’activité partielle. « Rarement la conjoncture industrielle n’aura été si dispersée, en fonction des secteurs et des territoires », ajoute le président.
Un budget qui « a le mérite d’exister »
Le contexte budgétaire rehausse les inquiétudes. Pour l’UIMM Occitanie, le budget 2026 est « un pis-aller » qui « ne permettra ni à l’industrie, ni au pays d’aller mieux. Simplement d’aller. Mais aller où ? », s’interrogent Didier Katzenmayer. Parmi les points de crispation : le renoncement à la baisse de la CVAE, le renchérissement du coût du travail de 1,5 milliard d’euros et la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés. « Dans la recherche de compromis politique, on a oublié la réalité de l’économie. On a oublié la rudesse extrême du combat économique dans l’arène internationale », déplorent les dirigeants industriels occitans.
Au-delà des enjeux économiques, l’UIMM Occitanie place la question des talents au cœur de ses priorités. En 2025, près de 14.500 personnes ont été rencontrées pour promouvoir les métiers de la métallurgie. Mais le défi reste immense, notamment en matière de mixité : seuls 22,7 % des salariés de la branche sont des femmes. Pour y remédier, l’UIMM vise à augmenter cette part de dix points d’ici 2033. En Occitanie, la création de la « Communauté des Passeuses d’Avenir » s’inscrit dans cette dynamique.
« Notre principal défi est culturel »
« Le militantisme industriel est un antidote au poison lent de l’attentisme », martèle Didier Katzenmayer. Face aux incertitudes de 2026, l’UIMM Occitanie entend se projeter dans le temps long et offrir à ses adhérents « les clés pour absorber ces mutations mieux et plus vite que leurs concurrents ». Reste à savoir si cette union des forces permettra effectivement de peser davantage dans les débats nationaux. En attendant, l’UIMM Occitanie se prépare à affronter une année 2026 qu’elle sait déjà semée d’embûches. Mais le principal enjeu reste culturel : « Donner "envie d’industrie", c’est notre défi le plus difficile. Il nous faut réussir à faire comprendre et ressentir à nos concitoyens que l’industrie est la colonne vertébrale de la société », conclut le président.
À noter que deux autres chambres syndicales, l’UIMM Adour-Pyrénées et l’UIMM Gard-Lozère, conservent pour le moment leur indépendance vis-à-vis de l’entité régionale et collaborent entre elles sous la bannière « UIMM Terres d’Occitanie ».
Marie-Dominique Lacour
Sur la photo de Une : illustration. Corps de texte : de gauche à droite, Gilles de Raffin (trésorier et président de l’antenne de Haute-Garonne), Didier Katzenmayer (président de l’UIMM Occitanie), Xavier Aumont (président de l’antenne du Tarn-et-Garonne) et Robert Gaïani (président de l’antenne du Lot). Crédit : UIMM Occitanie.

