Eco Zoom revient pour une nouvelle édition, le 3 février à Toulouse et le 19 à Montpellier. Qu’est-ce qui fait la singularité de cet événement ?
C’est notre seule manifestation à destination des chefs d’entreprise d’Occitanie. Un rendez-vous annuel pour leur permettre de mieux comprendre leur environnement économique, prendre du recul sur des sujets qui font l’actualité, et puis, bien sûr, échanger avec leurs pairs et nos experts-comptables.
L’événement se structure toujours autour de trois temps forts. Cette année, nous aurons un premier moment consacré à la conjoncture. Il sera suivi des regards croisés de deux chefs d’entreprise de la région - Alexis Righetti, directeur général d’une station de ski, et Sarah Abadie, dirigeante de la Brasserie Caporal - autour de la prise de risques. Enfin, l’économiste Éric Heyer interviendra sur le thème « Vers la sortie du low cost... mais à quel prix ? »
La grande annonce cette année, c’est la signature d’une convention de partenariat avec la Ville de Toulouse et Toulouse Métropole. Quels en sont les principaux axes ?
Le partenariat vise à favoriser l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires : nous animerons des réunions collectives, des « speed business », et puis, dans le cadre de l’opération nationale Business Story, nous allons offrir trois rendez-vous gratuits avec un expert-comptable aux porteurs de projets identifiés par les missions locales. Nous voulons aussi faire découvrir le métier d’expert-comptable aux jeunes de ces quartiers à travers un « expert-tour », un parcours du créateur dans le domaine de l’expertise-comptable. Un autre volet concerne l’économie sociale et solidaire : nous allons aider les acteurs du collectif Toulouse Métropole Impact à mieux appréhender les réalités économiques. Enfin, nous allons mettre à disposition de Toulouse Métropole un baromètre resserré à l’échelle de son territoire.
Ce partenariat est très important pour nous. Il démarre tout juste. L’objectif sera, bien sûr, de le dupliquer à terme dans d’autres villes, en premier lieu Montpellier si elle le souhaite.
Justement, que nous dit votre dernier baromètre Image PME sur la santé économique de la région ?
Les chiffres du troisième trimestre 2025 confirment les difficultés... Nous en sommes au huitième trimestre consécutif de baisse d’activité, avec un recul de 0,1 % du chiffre d’affaires des TPE-PME d’Occitanie. Sur les neuf premiers mois de l’année, la baisse cumulée atteint 0,6 %. L’Occitanie se place au 7e rang des régions françaises, à peu près au milieu du classement, avec un résultat supérieur de 0,2 point à la moyenne nationale.
À noter que ce baromètre porte uniquement sur les PME et TPE : il faut bien garder en tête qu’Airbus et les grandes ETI de la région ne sont pas prises en compte.
Quels sont les secteurs qui tirent leur épingle du jeu, et ceux qui souffrent le plus ?
La courbe de notre baromètre se superpose presque parfaitement à celle de la construction et de la maçonnerie, secteurs auxquels sont liés de nombreuses autres activités. La bonne nouvelle, c’est que la baisse est très modérée sur les derniers trimestres et nous pouvons espérer qu’elle s’arrête prochainement.
Les contrastes sont assez marqués. Du côté positif, les pharmacies affichent une très belle performance avec +4,5 % sur les neuf premiers mois de 2025, portées par la hausse des prix des médicaments et l’élargissement de leurs missions. Les agences immobilières se redressent spectaculairement, tirées par l’activité locative, avec +7,3 % sur la même période et surtout un recul des défaillances de 12 % au troisième trimestre. La boulangerie-pâtisserie reste également dans le vert avec +0,8 %. En revanche, la restauration traditionnelle connaît de vraies difficultés avec une baisse d’activité de 5,6 % et une hausse des défaillances de 9 %. Même la restauration rapide recule de 5,6 %. Le secteur automobile reste également sous pression.
La prise de risque dans les entreprises sera au cœur des grands entretiens. Quel rôle joue l’expert-comptable ?
Ce n’est jamais l’expert-comptable qui crée l’entreprise mais il apporte pourtant un degré de surveillance essentiel : quand il y a prise de risque, il faut être vigilant sur la dégradation de la situation, car cela peut aller très vite. Tout l’enjeu de l’expert, c’est de se placer aux côtés du dirigeant au quotidien et lui donner les outils pour piloter son activité. La facture électronique en est un, qui permet d’offrir une vision en temps réel.
Notre connaissance sectorielle est également précieuse. À moins d’être dans une organisation extrêmement atypique, il est fort probable que l’expert-comptable ait déjà accompagné des clients du même secteur et puisse apporter à l’entrepreneur des éléments auxquels il n’a pas pensé. Nous connaissons le marché, les particularités fiscales et sociales de tel ou tel secteur d’activité, les critères à suivre pour mesurer la performance réelle. Pour les chefs d’entreprises, l’expert-comptable se place toujours comme un guide et un soutien autant qu’un garde-fou.
Propos recueillis par Marie-Dominique Lacour
Photo : Éric Gillis, président de l’ordre des experts-comptables d’Occitanie. Crédits : CROEC.
Infos pratiques :
À Toulouse, le 3 février 2026 - Salle Interférence, Balma
à Montpellier, le 19 février, Domaine de Verchant, Castelnau-Le-Lez.
Programme et inscriptions ici.
