Dans un secteur malmené par la conjoncture, Nehia réussit à s’affranchir des aléas et à imprimer sa marque. Le groupe toulousain, spécialisé dans la communication visuelle et le traitement de surface, a réalisé un chiffre d’affaires non négligeable de 13,5 millions d’euros, en hausse de 20 % par rapport à 2024. Cette année, il vise 15,1 millions d’euros. Présent à Toulouse et Montpellier, le groupe va, en 2026, agrandir son site toulousain d’un tiers, soit 560 mètres carrés d’ateliers et 900 mètres carrés de capacité de stockage supplémentaires. Le permis de construire est déposé et les travaux, évalués à 780.000 euros, devraient débuter en juin pour une livraison prévue en fin d’année.
« Au départ, il y avait les enseignes Hodé, spécialisées dans l’impression numérique grand format. Je suis arrivé dans cette entreprise en 1999. Directeur commercial, j’ai décidé de reprendre l’entreprise en 2012 après le départ à la retraite de son fondateur. L’entreprise, qui a grandi par acquisitions externes, est devenue Nehia en 2020. Aujourd’hui, nous avons près de quatre-vingts collaborateurs [1]. Mes fils font partie de l’aventure. Nehia est donc un groupe familial », résume le dirigeant Philippe Dubois.
Nehia est structuré en deux pôles. Nehia Graphic Industry, dédié à la communication visuelle, à l’impression grand format et à la signalétique industrielle, et Nehia Painting Equipments, spécialisé dans la distribution de peintures, outils et matériels de traitement de surface pour les professionnels du bâtiment et de l’industrie. À Montpellier, au sein de Nehia Méditerranée, sont rassemblées les activités de communication visuelle et de sérigraphie.
International et transmission familiale
Parmi les clients [2] de grande envergure du groupe toulousain, de nombreuses compagnies aériennes, la SNCF, mais aussi Airbus, avec qui « la collaboration est historique ». « Nous sommes sur toutes les chaînes d’assemblage d’Airbus, sauf au Canada. Nous sommes, par exemple, sur les programmes 350 et 330. Dans notre rapport avec l’aéronautique, nous commençons à retrouver les cadences d’avant-Covid. Nous avons une forte dimension internationale. Nous opérons tout particulièrement en Amérique du Nord, en Europe mais également en Chine, grâce à deux brevets qui nous permettent d’exporter là-bas », explique Philippe Dubois.
Le dirigeant est assez optimiste pour l’avenir de son groupe. « Contrairement à la presse, l’impression grand format et la signalisation répondent à des besoins industriels qui vont demeurer importants. Nous avons aussi la chance de ne pas dépendre d’un seul secteur d’activité. L’intelligence artificielle (IA) va par ailleurs nous aider à gagner en efficacité sans pouvoir nous remplacer. Mes fils ont rejoint le groupe, l’un en tant que commercial, l’autre comme directeur administratif et financier (DAF). Je suis dans l’idée de leur transmettre le flambeau et je suis assez serein pour le futur de Nehia », confie le chef d’entreprise.
Le groupe toulousain, qui vise 18 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2028, cherche « à continuer son développement en France, à travers des acquisitions externes à Lyon et/ou Paris », mais veut aussi poursuivre son internationalisation, notamment au Moyen-Orient et en Asie.
Matthias Hardoy
Sur les photos : Le site toulousain de Nehia, situé dans le quartier Sept-Deniers, va s’agrandir à partir de juin 2026. // Phliiipe Dubois, dirigeant de Nehia, entouré de ses deux fils, Pierre, chargé d’affaires grands comptes, et Julien, directeur administratif et financier du groupe. // Nehia trvaille notamment beaucoup pour le secteur aéronautique. Crédits : Nehia Group.


