Défense. Malgré la conjoncture, Airbus vend trente-huit avions de chasse à l’Allemagne

Dans le rouge, la division défense et spatiale d’Airbus annonce une commande de trente-huit nouveaux avions de combat de type Eurofighter. Mais celle-ci n’aura pas d’impact sur la mise en place d’un plan de réduction de ses effectifs.

Vents porteurs pour Airbus dans la défense. Le géant européen de l’aéronautique a décroché auprès de l’Allemagne une super-commande de trente-huit nouveaux avions de combat de type Eurofighter Typhoon, livrés entre 2025 et 2030. Le montant de cette transaction, qui permettra de renouveler la flotte de la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, s’élève à 5,4 milliards d’euros.

« La décision du Parlement allemand d’acheter trente-huit Eurofighter, connue sous le nom de projet Quadriga, est un message très fort. Pas seulement pour l’armée de l’air allemande, mais aussi pour l’Europe, notamment pour les industriels européens de la défense. Plus de 100.000 emplois reposent sur des programmes comme celui-ci », s’est réjouit Dirk Hoke, patron d’Airbus Defence and Space, sur Twitter. 

La production de cet avion devrait monter en cadence : est attendue une commande de l’Espagne pour remplacer les anciens F-18 de Boeing mais aussi les décisions d’achat de la Suisse et de la Finlande en 2021. Lancé en 2003, ce programme mobilise les sites d’Airbus en Allemagne et en Espagne, le britannique BAE Systems et le groupe italien Leonardo.

« Il s’agit d’une bonne nouvelle », se félicite Thierry Prefol, délégué syndical central CFE-CGC Airbus Defence and Space. « Mais, cette commande profitera aux salariés allemands d’Airbus, et non aux Français, ni aux Toulousains. Sur le site de Saint-Martin-du-Touch, une centaine de salariés travaille pour la défense, dans les activités de suivi et de maintenance. »

Négociations du PSE terminées

Un signe encourageant alors que, au même moment, la procédure d’information consultation des instances représentatives du personnel s’est achevée le 5 novembre dernier. Au coeur des discussions depuis le 22 juillet, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Un mois auparavant, la direction annonce le renforcement de son plan de réduction d’effectifs dévoilé le 19 février, du fait des conséquences de la crise liée au Covid-19. Le nombre de postes supprimés est alors revu à la hausse, de 2362 à 2665 en Europe, dont 926 en Allemagne, 722 en Espagne, 346 en Grande-Bretagne et 388 en France. La direction justifie alors ce plan par des « problèmes de rentabilité », « d’atonie du marché du spatial » et de « report de plusieurs contrats de défense ».

« Ce PSE n’est pas justifiable et nous y sommes opposés. Car il y a un décalage entre son application et le marché des satellites de télécommunication qui repart », affirme Thierry Prefol. « Nous avons cependant signé les mesures d’accompagnement pour protéger les salariés. » Des départs aidés en retraite, des départs anticipés et la mobilité interne et externe au groupe ont été privilégiés. « Nous sommes confiants sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir de départ contraint. »

La CFE-CGC craint cependant « qu’avec le PSE en cours se reproduise ce qui est arrivé avec le PSE en 2014, à savoir des réductions d’effectifs en complet décalage avec le plan de charge alors en croissance. Il y a eu par conséquence du stress chez les salariés et le nombre de burn-out a explosé. »
Audrey Sommazi

Sur la photo : L’Eurofighter est le plus grand programme de défense européen, dans lequel le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie sont impliqués aux côtés de l’Allemagne. Crédit : Airbus.

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