Dominique Faure, Toulouse Métropole : « Nous ressortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés »

Dix mois après les Municipales, comment Toulouse fixe-t-elle le cap de l’action économique, malgré la tempête du Covid-19 ? Dominique Faure, maire de Saint-Orens et vice-présidente de Toulouse Métropole en charge du Développement économique et de l’aménagement des zones d’activités économiques, explique pour ToulÉco la feuille de route et les projets à venir.

Dominique Faure, qui dit nouvelle mandature dit nouvelle feuille de route économique : quelles sont les orientations de la stratégie de Toulouse Métropole à venir ?
Jusqu’à présent, nous étions dans l’exécution du plan de relance voté en juin 2020. Maintenant, nous passons à l’écriture collective de la feuille de route. Le président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, nous a donné un calendrier pour écrire le nouveau Schéma de développement économique de la mandature, avec comme objectif de le finaliser pour la fin de l’année 2021. Nous attendons que les élections régionales et consulaires soient passées, nous pourrons ainsi mieux tenir compte des politiques publiques portées par tous les acteurs publics partenaires naturels de notre feuille de route Économie, Innovation et Emploi.

La crise a eu un impact sur cette feuille de route. Comment Toulouse Métropole ajuste le tir ? 
Tout d’abord, la collectivité a engagé l’an dernier un plan d’urgence et de relance pour l’emploi estimé à 143 millions d’euros. Cela nous a permis de soutenir le tissu économique toulousain, profondément affecté par les confinements, en complément du soutien du gouvernement, de maintenir un maximum de compétences sur notre territoire mais aussi de préparer la relance.
Concernant la feuille de route, nous allons l’écrire à plusieurs mains, entre les élus, les services de Toulouse Métropole et beaucoup d’acteurs du monde économique qui y seront associés. Nous avons la chance d’avoir de nouveaux élus issus du monde économique comme, par exemple, Agnès Plagneux-Bertrand sur l’aéronautique et le spatial, Philippe Perrin, très impliqué sur le sujet des nouvelles mobilités et de l’hydrogène, Nicolas Misiak et Joseph Carles sur le sujet de l’hébergement de nos entreprises innovantes et plus largement de l’immobilier d’entreprise, Jean-Claude Dardelet, sur l’attractivité et la filière touristique, ou encore Isabelle Ferrer, sur le champ de l’emploi. Sans oublier François Chollet et Vincent Terrail-Novès, avec qui nous travaillons en partenariat avec l’Ademe sur l’enjeu énorme que représente l’économie circulaire, et enfin, la transition digitale avec Bertrand Serp.

Vous évoquez une phase de relance. Des secteurs sont-ils particulièrement travaillés ?
Nous allons dans un premier temps poursuivre notre stratégie keynésienne de maintien des emplois par des investissements massifs. Pas moins de 500 millions d’euros seront investis en 2021, contre 350 millions d’euros en moyenne les années précédentes. Concernant l’aéronautique, nous devons accompagner les efforts de la supply chain dans sa re-structuration. Toulouse Métropole abonde – et c’est nouveau - à hauteur de 3 millions d’euros au fonds local d’Irdi Soridec Gestion, baptisé Impulsion, qui va soutenir les TPE et PME du territoire tous secteurs confondus. Ce fonds vient compléter le fonds national ACE Aéro Partenaires [1]. Les moteurs de notre rebond : le triptyque digitalisation, consolidation de la supply chain et innovation autour des énergies décarbonnées.

« Nous espérons bientôt un nouveau site de bio-production avec Evotec »

Sur le campus Santé du futur à l’Oncopole, nos scientifiques en cancérologie, en gérontologie sont au cœur de notre stratégie filière, avec les biotechs et le numérique, qui sont aussi des composantes stratégiques de la filière santé. Nous avons eu la chance qu’Evotec reprenne en 2015 le centre de R&D de Sanofi et, à ce jour, cette entreprise a recréé plus d’emplois, avec 400 personnes désormais sur le site. Et ce n’est pas fini : Evotec porte un projet d’unité de bio-production révolutionnaire que nous espérons bien accueillir sur l’Oncopole avec le concours important du gouvernement.

Quelles sont les priorités de Toulouse Métropole en matière d’innovation ?  
Là encore, nous continuons à investir et à soutenir l’innovation, sur les filières phares de notre territoire. Nous prévoyons 68 millions d’euros dans le cadre des trois volets : Enseignement supérieur recherche et innovation, Mobilités et Culture. Cela va de pair avec la diversification du tissu économique local où l’espace, la santé, les mobilités du futur terrestres et aériennes, le numérique et l’intelligence artificielle, sans oublier l’agronutrition ou les industries culturelles et créatives, auront aussi toute leur place…
Nous ferons de l’ancienne base de Francazal, dont nous venons d’acquérir 38 hectares, l’adresse des mobilités et des énergies décarbonnées. Nous allons y accueillir un techno-campus dédié au technologies de l’hydrogène, porté par le scientifique Christophe Turpin du laboratoire Laplace. L’objectif est d’y accueillir le plus grand centre de recherche, d’essai et d’innovation technologique dédié à l’hydrogène. Le mot de résilience est fait pour nous, nous allons transformer cette menace économique en opportunité, et grâce à une très bonne coopération avec l’État et la Région Occitanie, nous ressortirons de cette crise plus forts que l’on y est entrés !

Quelles actions sont prévues pour accompagner la création d’emploi dans les années à venir ?
Nous sommes en cours de création d’une plateforme web pour préserver nos compétences, pour rapprocher l’offre et la demande. Cette plateforme va permettre de mettre en valeur le potentiel du territoire et les filières phares soutenues par la métropole. Par exemple, l’économie circulaire représente un potentiel très fort d’emplois locaux et non délocalisables. La plateforme aura donc comme ambition de promouvoir les métiers et compétences des emplois verts.
Pour résumer, nous changeons de paradigme et revisitons tous nos modèles économiques pour accompagner la relance et l’emploi. Toulouse doit rester une place forte de l’aéronautique et de l’industrie et conserver sa place de grande métropole européenne grâce à la transformation écologique et numérique que nos entreprises sont en train d’opérer.
Propos recueillis par M.V.

Photos : Rémy Gabalda - ToulÉco

Notes

[1lui-même géré par ACE Management, filiale de la société de gestion d’actifs et d’investissement Tikehau Capital

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Source : https://www.touleco.fr/Dominique-Faure-Toulouse-Metropole-Nous-ressortirons-de-la-crise,30962