Relancé, le Toulousain Nanomade a la réussite au bout des doigts

Nanomade retrouve des couleurs grâce à son rachat par l’entrepreneur Olivier de Trémaudan. Ses capteurs de pression ultra-sensibles visent les marchés aéronautiques, automobiles et logistiques.

Placé en liquidation judiciaire après dix années d’exercice, Nanomade Concept a été racheté en octobre 2019 par le business angel Olivier de Trémaudan, au côté de son associé Jean-Claude Rassou. Sous simple bannière Nanomade, le spécialiste toulousain de la technologie tactile passe désormais à la commercialisation à grande échelle de ses capteurs de pression ultra-sensibles. « J’ai plus précisément racheté à la barre du tribunal de Commerce cinq brevets de Nanomade Concept et réembauché trois personnes clés de l’équipe. À l’issue de la phase de recherche et développement qui avait permis à Nanomade Concept de livrer un produit fini commercialisable, la start-up était à bout de ressources et avait fait un mauvais choix stratégique de clients avec un éditeur mondial de la téléphonie », explique Olivier de Trémaudan, par ailleurs multi-investisseur dans une dizaine de sociétés du numérique, dont Vente du Diable revendue depuis.

Une avance technologique et économique

Trente fois plus sensibles et cent fois moins chers que la piézoélectricité utilisée dans les smartphones, les capteurs de pression de Nanomade sont basés sur la mesure de la déformation d’un substrat dans lequel sont déposés des nanomatériaux. Ces capteurs sont ultra-fins, flexibles et peuvent s’intégrer à n’importe quel support, tissu, verre, bois ou plastique. Enfin, ils s’industrialisent facilement par sérigraphie ou jet d’une encre entourée d’un véritable secret de fabrication. Nanomade commercialise aujourd’hui en ligne des kits prêts à l’emploi pour des essais dans des centres de recherche ou des divisions d’innovation d’entreprises. Après avoir finalisé leur besoin précis, ces clients reviennent vers Nanomade qui développe et fabrique en série un capteur sur mesure adapté à l’application voulue. « Pour de grosses quantités, au-delà de 10.000 pièces, nous faisons fabriquer par des sous-traitants. Deux de nos partenaires sont au Canada et aux Pays-Bas », détaille Olivier de Trémaudan.

Des potentiels de marchés à gros volumes

Trois marchés de prédilection se détachent. Pour l’aéronautique, des capteurs intégrés aux sièges passagers récupèrent des paramètres vitaux et gèrent le confort, la lumière ou le fond sonore de la cabine. Dans l’automobile, ils s’inscrivent dans le cadre d’un habitacle interactif alors qu’en logistique, leur intégration aux surfaces des étagères renseignent sur le niveau de stock. « Il est clair qu’en raison de la crise du Covid, les projets automobiles et aéronautiques sont plutôt reportés à début 2021 », reconnaît Olivier de Trémaudan. Mais ce glissement n’empêche pas Nanomade de se projeter sur un chiffre d’affaires de 2 à 3 millions d’euros en 2021 après une année 2020 anticipée à 400.000 euros.
Isabelle Meijers

Sur la photo en bas à droite : Entouré de son équipe, Olivier De Trémaudan, PDG de Nanomade, est un multi-entrepreneur dans le numérique, le e-commerce ou des plateformes de service. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

P.S. :

L’entreprise a été classée en 2019 parmi les 100 start-up les plus inventives de la French Tech par le magazine Forbes.

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Source : https://www.touleco.fr/Relance-le-Toulousain-Nanomade-a-la-reussite-au-bout-des-doigts,29375