Sécurité financière : anticiper quand il fait beau

Dossier : Comment protéger sa boîte en tant de crise ?

Aussi inattendue qu’imprévisible, cette crise sanitaire a démontré, s’il le fallait encore, l’importance de profiter des périodes de développement pour assurer une sécurité financière à son entreprise. Ces mesures, loin d’être nouvelles, permettent d’amortir au maximum le choc lors de cycles plus difficiles.

À l’heure actuelle, la préoccupation majeure pour la majorité des entreprises est d’assurer leur survie. Pour les aider à passer le cap au mieux, l’État et les collectivités ont déployé moult dispositifs et mesures de soutien. Mais l’arrêt des activités a fortement pénalisé le tissu économique et l’impact sur la trésorerie est énorme, d’autant plus que cette suspension s’est avérée brutale. Les entreprises ont eu peu de temps pour se retourner et anticiper les effets de cette crise. Si l’ampleur de celle-ci est quasiment inédite, certaines sociétés pourraient mieux résister que d’autres grâce à une gestion leur permettant de se protéger des menaces.

Directrice du réseau Sud de Bpifrance, Véronique Védrine ne cache cependant pas qu’elle « ne dispose pas de recette miracle » dans le domaine. « Comme tous les partenaires financiers, nous conseillons aux entreprises d’avoir un certain niveau de fonds propres, de trésorerie, car cela constitue un amortisseur », explique-t-elle. « Avoir des partenaires financiers au capital, permet également d’amortir les crises financières. »

Une analyse qui sonne comme une évidence et qui est également rappelée par Alexandre Zimmerman, directeur des marchés et des canaux distants à la Banque Populaire Occitane. Avoir des coussins de trésorerie est à ses yeux essentiel. « Ce qui prémunise l’entreprise contre les différents risques, c’est d’avoir des outils fiables de prévisionnels de trésorerie auxquels peuvent s’adosser des simulations », ajoute-t-il. « Cela permet d’envisager différents scenarii, dont les coups durs, et vient ainsi renforcer la solvabilité. »

Anticiper & diversifier

Tout cela demeure théorique et il n’existe pas de montants ou de pourcentages du chiffre d’affaires qui mettraient à l’abri. D’autant plus que ces questions dépendent à la fois du secteur d’activité et de la phase de développement de l’entreprise. « Mais il est clair que des entreprises dont les trésoreries sont déjà exsangues avant une crise, ou qui sont très endettées, se retrouvent dans une situation plus délicate », insiste Véronique Védrine. « C’est pour cela qu’on essaye dans la vie courante de regarder la part d’endettement par rapport à la rentabilité normale de l’entreprise. Ce n’est pas pour embêter le chef d’entreprise. »

Gouverner, c’est prévoir, assure le proverbe. Et pour amortir une crise, il est essentiel d’anticiper les difficultés au moment où l’on se porte bien. C’est en effet dans cette période qu’il est possible de constituer des « Un excellent chef d’entreprise doit être un bon gestionnaire mais aussi un bon visionnaire » Alexandre Zimmerman, Banque Populaire Occitane. « Un excellent chef d’entreprise doit être un bon gestionnaire mais aussi un bon visionnaire », estime Alexandre Zimmerman. « Au-delà de la profitabilité de l’entreprise, celle-ci doit s’appuyer sur une stratégie de développement claire et avoir la capacité de s’adapter. » On le voit avec la crise actuelle, les entreprises qui ont su faire évoluer leur activité arrivent à limiter les dégâts. Une qualité que vient cependant nuancer Véronique Védrine, de Bpifrance, lorsqu’elle souligne que « trop de diversification peut également être dangereux car il faut posséder une expertise et ne pas trop s’éloigner de son coeur de métier ».

Elle précise cependant que la diversification est un critère essentiel dans l’amortissement d’une crise, qu’elle soit conjoncturelle ou structurelle. Si les banques n’interviennent pas dans la gestion de l’activité d’une entreprise, elles demeurent en effet très attentives à la ventilation du chiffre d’affaires selon les différents clients. Cette diversification s’applique aussi bien aux fournisseurs, aux clients et aux produits qu’aux partenaires financiers. « C’est ce que l’on répète aux entreprises, même en dehors de la crise. L’idée est d’éviter la dépendance. » Là encore, elle prévient qu’il ne faut pas pousser à l’extrême cette stratégie, notamment en ce qui concerne les placements financiers, même s’ils peuvent représenter une sécurité. « Cela permet une division du risque pour les banques comme pour les entreprises », complète le directeur des marchés et des canaux distants à la Banque Populaire Occitane. « Dans toute gestion de crise, il faut pouvoir actionner des leviers, d’où l’importance de les diversifier. »

P.S. :

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