Sur la route des Balkans, l’inattendue Albanie

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Encore préservé du tourisme de masse, ce pays des Balkans adopte peu à peu un nouveau visage. Entre tradition et modernité, entre montagnes et cours d’eau, c’est en sillonnant l’Albanie du nord au sud que l’on en perçoit mieux les contours. Un territoire encore très marqué par son histoire et ses luttes.

Digne des plus vibrantes capitales, Tirana, ville de plus de 500 000 habitants, accueille plusieurs fois par jour les vols venus de toute l’Europe, signe de son ouverture aux touristes. Dès les premiers instants, les clés de la voiture de location en poche, une Logan Dacia dont on affectionnera particulièrement la faible consommation d’essence mais moins l’état des pneus, le dépaysement opère… Sous les roues des voitures et des scooters, les routes vibrent au rythme du tumulte et les heures s’égrènent au fil des appels à la prière du muezzin. C’est en avalant le bitume que l’on découvre avec délectation la palette offerte par ce pays aux mille facettes dans lequel bon nombre de touristes viennent désormais chercher authenticité et dépaysement. Des routes le long desquelles le commerce a toute sa place. Ici des petits producteurs locaux et des vendeurs d’épis de maïs cuits, là des réparateurs de pneus ou des fabricants de meubles… Tous se partagent, dans une ambiance surannée, les bas-côtés sur plusieurs kilomètres.

Un peu plus au sud, à Berat, surnommée à cause d’une mauvaise traduction « La ville aux 1000 fenêtres », une halte s’impose. Pour mieux comprendre l’histoire de ce peuple profondément attaché à son identité, à ses luttes et à ses héros nationaux, de nombreuses villes touristiques proposent une offre de “Free Tour”. Des visites durant lesquelles les touristes découvrent les incontournables. Par leur ambiance, la ville de Gjirokastra, classée par l’Unesco, ou encore la cité de Kruja, plonge les visiteurs dans l’histoire de ce peuple marqué par la résistance. Des chemins pavés jalonnés de maisons à colombages, des vieilles dames d’un autre temps, et des restaurants aux effluves de Qoftë albanais, ces boulettes de boeuf au curry, piquent la curiosité et régalent les sens.

Car la gastronomie tient une place importante dans les Balkans. En été, le célèbre byrek, une tourte feuilletée garnie de fromage, d’épinards ou de légumes est l’un des plats les plus convoités. À partir de novembre, le Fasul vient réconforter les randonneurs avec ses haricots blancs mijotés à la viande. Car, en Albanie, les amateurs de randonnées ont en effet de quoi trouver leur bonheur, avec de nombreux lieux propices aux excursions. C’est ainsi que les Benja Thermal Bath ou la source naturelle du “Blue Eye”, plus au sud, émeuvent les amateurs de beaux paysages désireux de se détendre. Et pour ceux qui se plaisent à remonter le temps, le site archéologique de Butrint, à une vingtaine de kilomètres de la ville balnéaire de Saranda, est un écrin de tranquillité. Sur la route, les visages burinés rappellent aux voyageurs que la vie n’a pas toujours été tendre en Albanie. Après des années de dictature et d’isolement, les infrastructures manquent en dehors de la capitale. Toutefois, une transition est amorcée et l’État a mis en place des mesures pour encourager le tourisme, notamment en ce qui concerne les hébergements.

C’est l’un des atouts du pays : son hospitalité notable. Du Parc naturel de Llogora jusque dans les montagnes de Theth, de nombreuses chambres d’hôtes offrent, à moindre coût, la possibilité aux visiteurs de découvrir ces alpages parsemés de kulla, les maisons en pierre typiques de ces régions, et ses coins de randonnées d’exception. Et tandis que la boucle de notre périple se referme doucement, la porte d’un autre pays voisin ne demande qu’à être poussée. Le temps d’une parenthèse, nous faisons un crochet par les eaux paisibles du Skadar Lake au Monténégro. Il marque, sans nul doute, le doux présage d’une échappée future.
Hélène Ressayres

Sur les photos :

*La place Skanderbeg trône au centre de Tirana.Cette esplanade tient son nom d’une des figures de la
résistance albanaise.

*Après des années de dictature et d’isolement, l’Albanie s’ouvre au tourisme. L’ancienne littérature soviétique a encore cours sur les étals de bords de route.

*Les maisons ottomanes de Bérat se distinguent par leurs nombreuses fenêtres. C’est ce qui lui a valu le surnom de « ville aux mille fenêtres ».

*Le « Skadar Lake », situé à la frontière du Monténégro et de l’Albanie, est le plus grand lac d’Europe du Sud.
Une flore et une faune riches et diversifiées font de ce miroir d’eau une expérience unique.

* Les étals de petits producteurs sont nombreux dans les villes et sur les bords des routes. Ces « petits boulots » sont aussi parfois le reflet d’une pauvreté à laquelle fait face ce peuple au tempérament combatif.

*Après la chute du régime communiste en 1991, l’économie albanaise est passée rapidement d’un modèle centralisé à une économie de marché. Beaucoup de citoyens ont commencé à créer de petites entreprises de manière spontanée, souvent en utilisant leur propre maison ou terrain au bord des routes principales pour attirer les clients.

Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/Sur-la-route-des-Balkans-l-inattendue-Albanie,50623