Toulouse. Référence de l’impression photo aux États-Unis, Pictarine s’attaque à l’Europe

Leader outre-Atlantique de l’impression photo via une application mobile, la start-up toulousaine Pictarine part à la conquête de l’Europe. Elle prévoit de quintupler son activité d’ici cinq ans.

Pour une start-up française, Pictarine a suivi une trajectoire à rebours des standards. Alors que beaucoup tentent d’abord leur chance sur le marché domestique avant de viser l’export, la jeune pousse, spécialiste de l’impression photo à partir d’un smartphone, a renversé la donne. Dès ses débuts en 2012, elle a investi le marché américain au point d’y réaliser, aujourd’hui encore, 100 % de son activité et de revendiquer la place de leader de son secteur outre-Atlantique. C’est maintenant à l’assaut de l’Europe que la start-up se lance. « Nous avons créé Pictarine aux États-Unis car nous pensions lever des fonds plus facilement là-bas. Ce qui ne fut pas le cas. Nous avons ensuite développé l’entreprise depuis notre base à Labège, qui réunit aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs », explique Guillaume Martin, PDG et cofondateur de Pictarine, avec Maxime Rafalimanana.

Près de 19.244 points de retrait aux États-Unis

La start-up a développé deux applications phares « Photo Print » et « Minute Photo » sur Android, iOS et Web, bientôt rebaptisées Picta. Ces applications permettent, à partir d’un smartphone, de commander l’impression de photos, posters, calendriers ou cartes personnalisées puis de venir les retirer en points de vente. Pictarine a conclu un partenariat avec deux chaînes de pharmacie leaders aux États-Unis, Walgreens et CVS. Au total, elle compte pas moins de 19.244 points de vente sur le territoire américain. « Ces drugstores sont déjà tous équipés d’imprimantes photos mais notre service permet de commander à distance et de ne pas perdre de temps sur place pour l’impression. Nous garantissons une mise à disposition en vingt minutes à partir de la commande », précise Guillaume Martin. Pictarine perçoit une commission sur le volume d’affaires réalisé par ses partenaires, qui a atteint 20 millions de dollars en 2019. « Nous avons enregistré, depuis nos débuts, près de 50 % de croissance annuelle. En moyenne, chez nous, un client imprime tous les vingt jours », affirme le dirigeant. Et la Covid, avec la limitation des relations physiques, a boosté leur activité. « En deux mois, nous avons connu la même accélération qu’en deux ans. »

Recherche de partenariat avec une grande enseigne européenne

Ce modèle d’impression quasi-instantanée devrait être dupliqué en Europe via un réseau de partenaires de la grande distribution. « Ce type de service reste encore à développer en France alors qu’il existe depuis au moins dix ans aux États-Unis. Nous devrions, d’ici l’année prochaine, conclure avec une grande enseigne européenne pour prouver que c’est possible ici aussi », se projette Guillaume Martin. Pictarine prévoit de doubler ses effectifs d’ici à la fin de cette année et vise un volume d’affaires de 100 millions de dollars à horizon de trois à cinq ans.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Guillaume Martin, PDG de Pictarine, autofinance l’ensemble des développements de la start-up. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Reference-de-l-impression-photo-aux-Etats-Unis,29373