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Publié le jeudi 24 novembre 2016 à 15h14min par Johanna Decorse

Premier vol réussi de l’A350-1000 d’Airbus, son PDG Fabrice Brégier rassurant sur le plan Gemini

Airbus, qui devrait annoncer mardi 29 novembre la suppression de plus de 1000 postes avec le plan Gémini, a opéré ce jeudi avec succès le premier vol de l’A350-1000, le plus grand long-courrier bimoteur que l’avionneur européen ait jamais développé.

Le premier A350-1000 a effectué ce jeudi 24 novembre à Toulouse son premier vol d’essai en vue d’une mise en service programmée mi-2017. Le nouveau biréacteur long-courrier de l’aviateur européen a décollé vers 10h40 pour un voyage de quatre heures. L’A350-1000 est la version la plus allongée de la famille A350, lancée en 2006 après une série de revers pour concurrencer deux avions de Boeing, le long-courrier 787 Dreamliner et le gros porteur 777.

Fin octobre, Airbus totalisait 810 commandes fermes pour ce programme auprès de quarante trois clients, dont soixante deux pour Etihad, la compagnie nationale des Émirats arabes unis et soixante sept pour Singapore Airlines. L’avionneur qui sur les douze premiers mois de l’année n’avait pu livrer que douze appareils du fait de problème de livraison d’éléments de cabine par Zodiac, a « rattrapé à grande vitesse » son retard selon Fabrice Brégier, son président qui maintient l’objectif de cinquante appareils cette année. « Ces retards nous ont mis en grande difficulté mais la situation s’améliore. La qualité reste encore en dessous des exigences de nos clients dont l’effort doit être accentué », a insisté le dirigeant qui table sur une production de dix avions A350 par mois fin 2018.

40 sièges de plus

L’A350-1000, le dernier né de la famille, d’une longueur de 74 mètres, a une capacité de 366 passagers répartis en trois classes. Cet avion allégé, construit à 53% en matériau composite, totalisait fin octobre 195 commandes provenant de onze clients.
Ce premier avion d’essai est l’un des trois appareils qui assureront les vols d’essai cet hiver. L’expérience de l’A350-900 aidant, la campagne du « big brother » comme l’a présenté François Caudron, vice-président du marketing d’Airbus, sera plus courte que celle de l’A350-900 qui a eu lieu en 2014. Elle durera moins d’un an au lieu de quatorze mois et demi.
La livraison au premier client, Qatar Airways, est programmée au second semestre 2017.

Ce premier vol, s’il est « historique », intervient néanmoins dans un contexte particulier lié à la réorganisation annoncée par Airbus le 30 septembre. Elle prévoit la fusion entre Airbus Group et Airbus Commercial Aircraft, sa filiale d’avions civils, sous une marque unique Airbus, effective dès juillet 2017. Cette réorganisation devrait entraîner « plus de 1000 » suppressions de postes selon les syndicats Force ouvrière et CFDT. Ce chiffre est également repris par la CGT qui évoque 400 postes supprimés dans le secteur de la recherche, 100 à la communication, autant à l’informatique, 150 aux ressources humaines et 200 pour la finance.

La menace des suppressions de postes

« Airbus, l’entreprise aux 1000 milliards de commandes, obéit ainsi à une logique toute financière et reste donc fidèle à son actionnariat faisant fi des conséquences sociales et de son propre avenir en réduisant fortement la voilure de son pôle recherche et développement », dénonce la CGT dans un communiqué.
Jeudi, peu de temps avant l’atterrissage du premier A350-1000, Fabrice Brégier a défendu cette réorganisation qui va permettre « plus d’efficacité, un alignement du management et le renforcement d’un seul siège social à Toulouse ».

« Nous y sommes allés par étape. Le groupe s’appelait EADS puis s’est rebaptisé Airbus Group il y a deux ans. Nous avons intégré des fonctions centrales, il était temps de passer à la phase ultime avec la fusion entre Airbus et Airbus Group », a-t-il ajouté. Le président d’Airbus s’est voulu rassurant sur les conséquences sociales de ce plan baptisé Gémini.

« La tradition de dialogue social d’Airbus a permis jusqu’à présent, dans des cas de figures plus compliqués comme le plan Power 8, de trouver les bonnes solutions avec les partenaires sociaux », a-t-il déclaré. Les prochaines discussions auront lieu mardi 29 novembre à Toulouse, lors d’un comité européen de groupe au cours duquel Tom Enders, président exécutif d’Airbus Group, devrait confirmer les chiffres tant redoutés par les syndicats.
Johanna Decorse

Sur les photos : en haut : les six membres d’équipages du premier vol d’essai de l’A350-1000, dirigés par Hugues van der Stichel (deuxième en partant de la droite). Photo A. Domenjou - Airbus. En bas : le premer vol inaugure une large campagne de tests afin de faire certifier l’avion. Photo J.V. Reymondon - Airbus.