DeLaurentis, miss en scène

Puisant dans un univers cinématographique assumé, les compositions pop électro de DeLaurentis vous embarquent dans ses rêveries. Sa soeur numérique imaginaire, Unica, prend voix dans son nouvel album.

Son nom de scène est un programme à lui tout seul. Patronyme toscan de son grand-père, DeLaurentis convoque aussitôt l’univers fantastique du producteur de cinéma Dino de Laurentiis. Avec sa pop électro planante et hypnotique, DeLaurentis, en sirène orchestrale, attire dans ses filets et revendique cette inspiration cinégénique. Elle accompagne d’ailleurs ses passages sur scène de projections vidéo comme autant d’expériences immersives. « Quand je compose, dès le premier accord, un film défile dans ma tête. Une atmosphère s’impose et les notes suivent », dévoile l’artiste toulousaine, à la fois chanteuse, compositrice et productrice.

L’élégance des machines

Visage à la Modigliani, cou allongé, yeux en amande, contours épurés. Sa présence oblongue trouve un écho dans sa musique éthérée et lunaire, qui revendique des influences du côté de Laurie Anderson, Brian Eno ou Woodkid.
DeLaurentis y mêle synthétiseurs, piano, mégaphone, looper ou son contrôleur fétiche, le Push du fabricant Ableton. « J’ai trouvé grâce à lui mon langage. Il permet beaucoup de liberté. Je commence avec un morceau très simple, j’ajoute ma voix, chaque instrument puis des effets. Cela sonne sur scène comme un groupe sauf que je suis seule, d’où une grande proximité avec le public », confie-t-elle.

Après cinq EP, dont les succès Angel, Silent Home ou Big Part of a Big Sun, repris dans la série How to get away with murder, elle a assuré la première partie d’Étienne Daho et de Lisa Stanfield à Toulouse en novembre 2019. À Paris, c’est à l’Olympia qu’elle accompagne Pascal Obispo ou au défilé Issey Miyake printemps/été 2020 qu’elle joue ses compositions en live.

Métissage jazz, trip hop, électro

De la Ville rose, elle a hérité son léger accent chantant doublé de son prénom, Cécile. Patronne des musiciens mais aussi titre phare de Claude Nougaro, pour lequel son père, pianiste de jazz, était arrangeur. « Mon histoire à moi se superpose à celle de mon père », dit-elle. Après une enfance nourrie aux standards du jazz, Bill Evans, Coltrane ou Thelonious Monk, elle embrasse la génération Massive Attack, Portishead ou Björk. Elle apprend la musique au Conservatoire de Perpignan avant des études en musicologie jazz à l’Université du Mirail.

Unica, sa jumelle numérique

« Mais cette formation théorique me sert peu dans mes compositions. Je fonctionne à l’émotion, à l’intuitif. » C’est ainsi qu’Unica, sa « soeur numérique », s’est imposée à elle. « Seule avec mes machines, dans le studio d’enregistrement, elle m’apparaissait. J’ai imaginé des duos entre ma voix naturelle et celle d’Unica, vocodée. Elle sera le fil conducteur de mon prochain album concept qui sortira avant l’été », révèle DeLaurentis. Premier titre quasi-mystique, l’indomptable Life échappéed’un écran. Pour finir, en dixième morceau de l’album, sur le monde d’après, celui d’Extra life, ou de la symbiose idéale entre une femme et sa machine.
Isabelle Meijers

Crédits photo : Dominique Gau - DR.

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Source : https://www.touleco.fr/DeLaurentis-miss-en-scene,29254