En Occitanie, la filière aérospatiale reste dynamique mais peine à recruter

L’Insee publie les chiffres de son étude portant sur la filière aéronautique et spatiale pour 2018 dans le Sud-Ouest. Le secteur est en bonne santé, mais il rencontre des difficultés à recruter des candidats.

Un secteur porteur. C’est l’un des résultats de la dernière étude portant sur la filière aéronautique et spatiale dévoilée par l’Insee et le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Pour réaliser cette enquête, un questionnaire a été envoyé à 2400 entreprises industrielles des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine pour l’année 2018, hormis les grands donneurs d’ordres.

Résultat ? L’emploi et l’activité se portent bien. À elle seule, la filière emploie 159.000 salariés, dont 69% en Occitanie. « Notre industrie est une locomotive », se félicite Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Une locomotive dopée par un carnet de commandes plein jusqu’en 2024 pour l’avionneur européen. Ce qui se traduit par la création de 4600 emplois, soit une hausse de 3% ( + 2,7 % en 2017). Les services (ingénierie et informatique) ont généré 2100 emplois supplémentaires, l’industrie (construction, métallurgie et équipements), 1200.

L’essentiel de l’emploi salarié se concentre dans la chaîne d’approvisionnement, qui regroupe les sous-traitants, les prestataires de services et les fournisseurs, avec 119.000 collaborateurs enregistrés toujours en 2018. La supply chain, dont le chiffre d’affaires atteint 16,6 milliards d’euros (+ 3,9 %), a permis la création de 3800 emplois supplémentaires.

Les prévisions pour 2019, selon les chefs d’entreprises interrogés, sont au beau fixe. Néanmoins, ceux qui sont inscrits dans l’aéronautique prévoient une accélération de l’activité en début d’année avant un ralentissement, sauf dans la maintenance. Alors que les prévisions du spatial annoncent le contraire.

Manque de candidats

Revers de la médaille, ce dynamisme de l’activité engendre un écueil : 90% des entreprises qui recrutent disent subir un manque de candidatures. Et quand les candidats étaient là, 70% des recruteurs n’ont pas trouvé les profils recherchés. "Il y a un problème d’attractivité de l’industrie en général mais aussi de certains territoires", avance Yann Barbaux. "Le pôle en est conscient. Les PME ne sont pas équipées pour anticiper. Or, il existe beaucoup d’initiatives mais il faut les rassembler, les partager".
Audrey Sommazi

Sur la photo : Airbus booste la filière. Ici, un l’A350-900 de la compagnie Aéroflot qui a commandé dix appareils comme celui-ci. Crédits Photo : Rémy Gabalda - ToulÉco.

2 Messages

  • Rachid ZAMANI le 10 février 10:35

    Bonjour,
    Article intéressant avec un constat très clair.
    Néanmoins je pense qu’il manque une part du constat, car on ne peut pas expliquer ce manque de candidats par le simple attrait de l’industrie, selon moi.
    Et j’en veux pour preuve que ce réussi à faire une PME aveyronnaise comme Société Technic Services « au fin fond de l’Aveyron » (Decazeville) avec encore moins de candidats qu’en métropoles, dans ce territoire rural.
    Cette PME recrute et forme de nombreux demandeurs d’emploi qui plus est en situation de handicap aux métiers de l’aéronautique, et bien entendu forme en continu ses salariés avec un centre d’excellence interne qui donne sa chance à chacun.
    Et il s’agit pourtant de métiers très pointus comme ceux des matériaux composites ou de la peinture aéro.
    La seule différence je crois c’est qu’ils ont su instauré sur plusieurs années une culture du management PAR les compétences et ne se sont pas contenter d’attendre d’avoir « sur étagère » les candidats et les compétences requises par leurs clients... de la GPEC opérationnelle en somme.

    https://www.technic-services.com/

    Rachid ZAMANI
    Scop Co-Savoirs

  • Martin-Prié le 11 février 11:44

    Bonjour,

    Merci pour votre article très interessant comme toujours.

    Pour autant, je suis parfaitement d’accord avec la réflexion ci-dessus.

    Face à ce constat quelles solutions existent : Mettre en place une réelle marque employeur qui ne se résume pas comme trop souvent à des effets de manche marketing à renfort de présence sur les réseaux sociaux qui, s’ils ne sont qu’une vitrine, renforcent le bashing des candidats.

    Une marque employeur qui s’appuie sur de réelles transformations internes avec une gestion des carrières réelle, un management adapté, des circuits de communication clarifiés et simplifiés, un process de recrutement plus adapté ; autant d’éléments qui, au demeurant, renforcent la fidélisation des collaborateurs et permettent la mise en place d’un véritable programme Ambassadeur.

    Certes, on ne peut nier que des filières connaissent une pénurie de main d’oeuvre, ni que certains territoires doivent parler d’eux. Arrêtons de croire qu’il n’existe aucune solution.

    Pas de baguette magique, c’est vrai. Mais de vrai solutions déjà expérimentées dans de nombreux environnements de toute taille et de tous secteurs sont possibles. Elles sont basées sur une capacité à réinventer son modes d’organisation, ses modes de management, ses circuits de communication. Mais, elles nécessite d’accepter de bouger les lignes. Autrement dit, de « penser autrement ».

    Au plaisir d’échanger

    Stéphanie Martin-Prié
    Consultante Formatrice Spécialiste Marque Employeur
    AnthéniA.fr contact@anthenia.fr

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Source : https://www.touleco.fr/En-Occitanie-la-filiere-aerospatiale-reste-dynamique-mais-peine,28036