Fibre optique pour les entreprises : à Toulouse, ZeFil anticipe ses futures missions

article diffusé le 2 avril 2020

Toulouse a longtemps été précurseuse dans les nouvelles technologies. Une avance qu’elle doit notamment à son réseau de fibre optique métropolitain, lui même développé et entretenu par la SPL Zefil. Celle-ci réfléchit aux usages de demain.

Pendant que les Toulousains pressés s’affairent dans le métro ou sur les trottoirs, d’autres, plus discrets mais tout aussi besogneux, veillent sur nos systèmes d’informations. Les collaborateurs et techniciens de ZeFil font partie de ces professionnels silencieux. Ce sont eux, par exemple, qui ont oeuvré pour permettre aux opérateurs de téléphonie d’installer la 4G dans le métro toulousain. Ce sont eux encore qui posent des kilomètres de fibre optique pour raccorder toute la métropole. « Nous sommes passés de quatre-vingt kilomètres en 2001 à plus de mille kilomètres aujourd’hui », confirme Philippe Mlakar, le directeur général de ZeFil, la société publique locale qui gère et déploie le réseau de fibre professionnel de la métropole. « Nos clients directs sont les opérateurs télécoms – trente-huit sont référencés actuellement – et nous sommes le trait d’union entre eux et les entreprises. »

En vingt ans d’existence, le réseau de fibre optique a eu une histoire compliquée. Géré par Garonne Networks et filiale de Vinci au début de son exploitation, il a été exploité par Covage à partir de 2008, avant que la collectivité ne décide finalement de le récupérer complètement, sous l’initiative de l’ancien maire Pierre Cohen, en 2013. Depuis, ZeFil poursuit son aménagement du territoire en étant porté par deux actionnaires : Toulouse Métropole (90%) et la Mairie de Toulouse (10%). « Nous avons raccordé tous les sites du CHU de Toulouse, mais aussi les parkings de Toulouse, le B612, la Cité de l’Espace, la piste des Géants... À chaque fois notre mission reste la même : aménager le territoire et amener la fibre et le service aux entreprises », poursuit Philippe Mlakar.

Déploiement vers la 5G

La pose de la fibre n’est pas le seul apanage de Zefil, loin s’en faut : Orange, SFR, Bouygues Télécom, pour ne parler que des plus gros, posent eux aussi leurs propres infrastructures. Du coup, la SPL fait évoluer également ses missions et réfléchit aux services associés : sur l’éclairage public, le trafic piétonnier, la vidéosurveillance ou encore la gestion des feux de circulation... Un projet est aussi actuellement en cours sur la zone de l’Oncopole pour aménager les réseaux à destination de la future navette autonome de la zone. « Nous utilisons actuellement des technologies qui ont presque vingt ans et qui fonctionnent bien. Mais plus que jamais, la transition numérique et ses nouveaux usages, comme la 5G, passent par la fibre », explique encore Philippe Mlakar, qui rappelle qu’en la matière, Toulouse a été précurseur.

Comptant une dizaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 4,7 millions d’euros en 2018, la société publique locale investit chaque année en moyenne près de 500.000 euros dans le déploiement de nouveaux réseaux optiques. Les revenus sont tirés des redevances des opérateurs, ce qui permet à Zefil d’être rentable et même, de reverser à son tour une redevance à la collectivité. Un modèle qui, malgré la concurrence, reste vertueux.
M.V.

Sur la photo : Philippe Mlakar, directeur général de la SPL Zefil. Crédits Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Fibre-optique-A-Toulouse-ZeFil-anticipe-ses-futures-missions,28127