Mais où est passé mon carnet de chèques ? Bientôt la question ne se posera plus, en tout cas pour les paiements concernant l’administration. En lien avec le plan national déjà en cours, la Direction régionale des finances publiques (DRFIP) d’Occitanie et de Haute-Garonne veut progressivement faire disparaître les chèques de son administration. Pas d’interdiction au programme, mais plutôt une transition : « Ça va se faire de manière très progressive », rassure Hugues Perrin, directeur régional des finances publiques d’Occitanie et de Haute-Garonne. Seuls les professionnels sont contraints, depuis mars dernier, à ne plus payer aucun de leurs impôts par chèque.
« Il y a un effet générationnel », estime Hugues Perrin, pour qui la solution réside dans les changements d’habitude. Concrètement, la DRFIP d’Occitanie mise sur « la communication auprès des usagers » et la facilitation « des solutions alternatives ». Pour réussir, elle a choisi de « veiller à accompagner les usagers ». Cet accompagnement passe par le local, avec la possibilité de régler ses « amendes, impôts ou factures locales » dans les bureaux de tabac en espèce ou par carte.
« 2,50 euros par chèque »
« On développe aussi les systèmes de prélèvement en ligne », ajoute le directeur régional. Pour la DRFIP, les paiements issus des établissements scolaires ou crèches représentent une partie importante des chèques reçus. L’objectif est de rediriger ces règlements vers le numérique. Depuis plusieurs années, il est possible de payer en trois fois en ligne, pour faciliter les démarches. Les prélèvements automatiques représentent également un levier important.
À l’origine de ce plan, d’abord, le coût de traitement. « C’est 2,50 euros par chèque pour l’administration », détaille Stéphanie Binet, directrice adjointe des finances publiques de la Haute-Garonne. Même si son utilisation est en chute, avec depuis 10 ans une baisse de plus de 70 % recensée en France, 500.000 chèques ont été encaissés par le département en 2025. La sécurité est aussi un argument mis en avant par la direction des finances. Les faux chèques, usurpation d’identité ou encore vols de chéquiers représentent encore une part importante des fraudes. En 2025, une étude de l’Insee relevait ainsi que les paiements par chèque comptent pour près de 30 % de la valeur des fraudes, tout paiement confondus.
Théo Gassier
Sur la photo : Une dame âgée rédige un chèque. Crédit : Esgonzalezz.
