Jean-Louis Cazaubon : « La filière viticole a souffert ces dernières années »

Vice-président de la Région Occitanie en charge de la Souveraineté alimentaire, de la viticulture et de la montagne, Jean-Louis Cazaubon évoque pour nous les enjeux de la filière vins.

Que représente la filière viti-vinicole au niveau économique en Occitanie ?
La viticulture occitane représente 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires soit 20 % du produit agricole d’Occitanie (en 2017) et 100.000 emplois. En Occitanie, on compte plus de 22.000 entreprises viti-vinicoles et environ 24.000 exploitations, pour plus de 250.000 hectares* de vignes et une production de plus de quinze millions d’hectolitres* en 2020 et nous sommes la première région viticole bio. La région est par ailleurs le premier vignoble mondial en matière d’appellation, avec quatre-vingt-treize appellations, dont pas moins de soixante AOP et cinquante IGP, et la première région exportatrice puisque plus d’un tiers du vin français exporté est produit en Occitanie (37 % en 2019 selon la Draaf). Ce marché est porté par les vins IGP alors que les AOP sont plutôt en baisse. Cela représente environ 700 millions d’euros. C’est donc une filière importante qui a pourtant beaucoup souffert ces dernières années.

À quel niveau ?
Entre la taxe Trump, le Covid et les intempéries, la filière a été tourmentée. Chaque année, la Région investit entre 10 et 12 millions d’euros dans le secteur viti-vinicole. Et nous avons voté cette année 7 millions d’euros d’aides supplémentaires pour le gel. La Draaf prévoit pour l’instant une baisse de production de 36 % pour arriver à 9,6 millions d’hectolitres. Les parts de marché perdues aux États-Unis vis-à-vis de l’Italie ou de l’Australie à cause de la taxe Trump sont difficiles à reconquérir. C’est pour toutes ces raisons que nous avons adopté en 2020 un plan de relance de 14 millions pour le secteur, à parts égales entre la Région et l’interprofession, notamment pour des opérations commerciales et marketing.

Quelle est selon vous la meilleure stratégie pour les vins régions à l’export ?
À l’étranger, et notamment au grand export, la marque Occitanie ne parle pas, d’où l’intérêt de s’appuyer sur la marque Sud de France, car les produits français sont toujours recherchés. Nous menons des actions de communication sur les salons pour promouvoir la filière. L’œnotourisme est également un levier de développement pour la filière… En effet, c’est pour cela que la Région a mis en place un Observatoire de l’œnotourisme. Dans ce cadre, le panier moyen d’un visiteur est compris entre 50 et 80 euros. Le potentiel économique a été estimé à plus de 50.000 euros annuels en moyenne par domaine en Occitanie. Ils sont pourtant encore nombreux à ne pas valoriser leurs labels ou leur savoir-faire.

Avez-vous constaté une relève avec l’arrivée de nouveaux vignerons ?
Ce qui est sûr, c’est que la Région encourage cela. Au niveau agricole, 55 % des exploitants ont plus de 55 ans, c’est donc un enjeu important. Ces dernières années, nous étions sur un rythme de 600 installations aidées et nous sommes aujourd’hui à 800, ce qui est encourageant. La Région a également créé une aide aux nouveaux planteurs de vignes, depuis trois ou quatre ans. Déjà, 400 à 500 hectares ont été plantés. L’Occitanie voit également fleurir de nombreuses brasseries et quelques distilleries.

C’est aussi un sujet pour la Région ?
Tout à fait. Ces entreprises sont éligibles aux mêmes dispositifs d’accompagnement mis en place par la Région et ces filières participent à la valorisation de terroirs et de savoir-faire.
Propos recueillis par Paul Périé

Sur la photo : Jean-Louis Cazaubon. Crédit : Région Occitanie

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Jean-Louis-Cazaubon-La-filiere-a-souffert-ces-dernieres-annees,32825