Le Lauragais : le territoire rural qui grimpe

Aux portes de Toulouse, cette région rurale, sans frontière administrative, voit sa population croître. Les Toulousains en quête de verdure et d’un logement accessible, font le choix de s’installer dans les villages qui bordent le canal du Midi.

À la sortie de Villenouvelle, en direction de Toulouse, les premiers coups de pioche viennent d’être donnés. Une soixantaine de logements vont sortir de terre d’ici quelques semaines. À l’entrée de ce même village de 1300 habitants, à deux pas de l’autoroute A61, une dizaine de maisons doivent être crépies. Un peu plus loin sur cette même route nationale qui longe le canal du Midi, un autre projet de maisons est dans les tuyaux. Cette fois-ci, nous sommes dans le village perché de Montgaillard-Lauragais. C’est là que Claire, Adrien et leurs deux jeunes enfants, ont posé leurs valises il y a trois ans. « Nous avions une maison top dans le quartier des Arènes à Toulouse, mais située sous le couloir aérien », raconte la maman de 37 ans, éditrice indépendante. « On avait envie de calme. » Le budget serré ne leur permettait pas d’accéder à la propriété à Toulouse. Ils s’en éloignent et achètent une maison de village de 130 m², avec jardin mitoyen, pour 230.000 euros.

« Une certaine saturation » du marché immobilier

Le coût d’une maison a aussi motivé Lucie et son compagnon Julien. Le couple, qui regarde d’abord en direction de Grenade, opte finalement pour une maison de village et son bout de jardin dans « leurs prix », à Saint-Léon. « Il y a une petite école, des services et une épicerie. Par contre, il n’y a pas de pharmacie », regrette la trentenaire, maman de trois jeunes enfants. Le confinement a accéléré l’envie des Toulousains de rechercher un cadre de vie entre verdure et patrimoine avec toutes les commodités à portée de main. « Des familles avec enfants ont tendance à faire plus de kilomètres pour se mettre au vert, mais avec quelques conditions. Elles veulent un réseau internet pour pouvoir travailler et un bureau », affirme Élodie Munoz, négociatrice en immobilier chez Sylvie Sud Immobilier, à Nailloux. Alors, les petites villes du Lauragais se mettent au diapason : elles s’équipent de la fibre et les tiers-lieux naissent. Si Nailloux est déjà pourvu, Villefranche-de-Lauragais verra le premier du genre s’installer dans sa zone artisanale. Revers de la médaille, le marché immobilier arrive à « une certaine saturation », poursuit Élodie Munoz. « Il y a eu beaucoup de demandes après le premier confinement. On n’a pas arrêté. Mais aujourd’hui, on peine à rentrer des biens. Rien ne bouge. »

Les bouffées d’oxygène de Castelnaudary

Et si les villages et villes du Lauragais tenaient leur revanche ? C’est le cas de Castelnaudary, la troisième ville du département de l’Aude. Longtemps restée dans l’ombre de Toulouse, et dans « le cul-de-sac de l’ex-région Languedoc-Roussillon », selon François Demangeot, adjoint à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, cette ville de 12.500 habitants affiche son dynamisme. « La fusion des deux régions a été une bouffée d’oxygène. Elle a transformé la ville », vante François Demangeot. Elle ne fut pas le seul levier. L’arrivée en 2019 de la Socamil, la plateforme logistique de Leclerc avec 400 emplois à la clé, en est une autre. Conséquence ? Le nombre d’habitants grimpe : entre 500 et 700 habitants supplémentaires sur les trois dernières années. Pour les accueillir, 600 logements neufs, en tout, doivent être construits en plusieurs phases. Un tiers est déjà réalisé. « Il faut jouer sur tous les fronts », assure François Demangeot, qui constate que l’attractivité de Castelnaudary se poursuit même en période Covid. Dans le sillage de la Socamil, et d’autres entreprises telles que Arterris et Terreal, des PME et professions libérales souhaitent s’installer dans le parc régional d’activités. « Pas moins de trente hectares sont encore disponibles », affirme l’adjoint, qui délivre un dernier message à destination des entreprises, avec un bémol : « Venez, on est ouverts. On veut développer notre ville, mais pas n’importe comment. »
Audrey Sommazi

Sur la photo : La petite ville de Nailloux qui voit sa population croître. Crédits Photo Rémy Gabalda-ToulEco

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Source : https://www.touleco.fr/Le-Lauragais-le-territoire-rural-qui-grimpe,31746