Que représente Oddos [1] aujourd’hui et les autres entités de votre groupe ?
Stephan Oddos : Oddos, c’est notre agence commerciale, située aujourd’hui 38 boulevard de la Gare, à Toulouse. Elle a été créée par ma mère il y a quarante ans. Elle rassemble une équipe de quatorze personnes pour un chiffre d’affaires entre 5 et 6 millions d’euros. Notre groupe emploie au total cinquante personnes et enregistre entre 12 et 13 millions d’euros de chiffre d’affaires. 80 % de notre chiffre d’affaires se fait dans un rayon de 80 kilomètres autour de Toulouse. Nous avons une société, Trentotto, dédiée à l’ameublement pour les particuliers, une société de logistique, I Log You, qui fait de la livraison sur les derniers kilomètres et du montage, une web TV dédiée à l’architecture, Kansei TV, et, enfin, So Group, une holding qui s’occupe de notre gestion administrative et financière.
Josiane Oddos, quel était votre objectif, en 1986, à la création d’Oddos Design ?
Je commençais à bien connaître le secteur du mobilier du bureau. J’ai fait partie, à partir des années 1970, de Tissot, société spécialisée dans ce domaine. J’ai contribué à la création, en 1983, de Promoburo, structure dédiée au mobilier de bureau d’occasion. Mais j’ai senti que je ne pouvais plus avancer professionnellement. En 1986, les hommes avaient encore moins envie qu’une femme se mêle de ce qu’ils estimaient être leurs affaires. Mais, moi, j’avais envie de me faire un nom. Je me suis donc lancée. J’ai voulu continuer à faire de l’occasion, mais aussi proposer du neuf. On dit que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. Moi, en tant que femme chef d’entreprise, je n’ai jamais caché que j’étais épaulée par mon mari, mon fils Stephan et, même, par mon neveu Bruno. C’est une histoire de clan familial. Stephan avait dix-neuf ans au démarrage de l’entreprise, il est parti avec notre catalogue sous le bras faire de la prospection.
Comment expliquer la longévité du groupe ?
S. O. : Là où nous avons été particulièrement bons depuis quarante ans, ce sont nos lieux de réception, nos labs. Dans ces lieux, on expérimente et on montre à nos clients que nous sommes capables de donner une âme à un lieu. Nous avons été aussi précurseurs de l’attention à ce qu’on appelle aujourd’hui la QVT (la qualité de vie au travail). Notre premier slogan, il y a trente-cinq ans, a été « générateur de bien-être au travail ». À l’époque, ce n’était pas forcément l’objectif principal des dirigeants.
Combien avez-vous de fournisseurs et quel est votre rapport avec eux ?
S. O. : Nous avons une centaine de fournisseurs, mais une vingtaine avec qui on travaille majoritairement. Nous ne fabriquons rien, donc ce travail de sourcing auprès des fournisseurs est essentiel. Collaborer avec eux m’a éduqué au beau, à l’architecture, au design. J’ai appris de l’Italie, l’élégance, de l’Allemagne, la rigueur, de l’Espagne, la cohérence du prix, et de la France, une attention souvent importante à l’impact environnemental.
Quel peut être le rôle d’Oddos dans les années, voire les décennies, qui viennent ?
S. O. : Le grand projet est d’accompagner les transformations de Toulouse, qui va devenir très rapidement la troisième ville de France. Il va falloir être particulièrement attentif aux évolutions de la société. Le réchauffement climatique va, par exemple, transformer profondément le fonctionnement des entreprises et leurs espaces de travail. On commence à bien voir qu’avec les grandes chaleurs, les boutiques sont désertées de 14 à 17 heures. Il va falloir entrer pleinement dans l’adaptation des villes. Cela fait plus de dix ans que l’on ne cesse de nous répéter que la Ville rose aura le climat de Séville d’ici 2050. Il n’y a plus de temps à perdre.
Est-ce qu’Oddos va embaucher dans les années qui viennent ?
S. O. : L’objectif est de maintenir le même niveau d’emploi. Lors de la période Covid, face à une baisse de chiffre d’affaires conséquente, il a fallu emprunter pour conserver nos salariés. Aujourd’hui, il faut rembourser. Nous sommes dans l’optique d’essayer de continuer à progresser commercialement, mais avec une masse salariale équivalente.
Propos recueillis par Matthias Hardoy
Sur la photo : Stephan Oddos et sa mère Josiane Oddos, le dirigeant et la fondatrice d’Oddos Design qui fête ses 40 ans cette année. Pour l’occasion, le cabinet commercial simplifie son nom et devient Oddos. Crédit : Oddos.// Photo du lab d’Oddos situé auaujourd’hui 38 Boulevard de la Gare à Toulouse. Crédit : Oddos.
Notes
[1] Pour ses 40 ans, Oddos Design simplifie son nom en Oddos.

