Les Princesses toulousaines à l’assaut du Rallye

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Elles sont Toulousaines, cheffes d’entreprises, déterminées, et elles prennent la route pour promouvoir le sport et l’entrepreneuriat au féminin. Sandrine Champagne et Valérie Jimenez reforment leur duo de choc pour concourir au Rallye des Princesses, qui se tiendra du 23 au 28 mai prochain, de Paris à Saint-Tropez. Et, cette année, elles embarquent deux autres équipages dans l’aventure ; de quoi faire briller la Ville rose dans cette compétition aussi élégante qu’exigeante.

L’histoire commence il y a trois ans. Sandrine Champagne, fondatrice de l’agence événementielle Bulle It Events, se lance en 2024 dans l’aventure du Rallye des princesses. L’année suivante, cherchant des sponsors, elle frappe à la porte de Valérie Jimenez, présidente du groupe de transport Jimenez. « Ça a matché de suite », raconte-t-elle. Tant et si bien qu’elle lui propose d’être sa copilote. Mais quelques semaines avant le départ, Sandrine est renversée par une voiture. Bilan, « fracture de la tête de l’humérus. Impossible de conduire ! »

Pas question d’abandonner. L’accident n’a pas fait perdre sa force de persuasion à Sandrine, qui parvient à convaincre sa comparse de prendre sa place comme pilote. Elle-même, affublée de son attelle, sera sa copilote. « Pendant les cinq jours du rallye, Valérie m’a habillée, déshabillée, coiffée... Elle m’a même massée tous les soirs », raconte-t-elle. L’épreuve soude définitivement le binôme.

« On a besoin d’environ 17.000 euros par équipage »

Toutefois, le duo de choc ne serait rien sans son carrosse. Et dans cette compétition où l’élégance importe autant que le chrono, des critères précis encadrent le choix du véhicule : « Les voitures doivent être nées entre 1946 et 1991. Les princesses, ce sont elles ! », révèle Sandrine Champagne. Après la « magique » Triumph TR3 bleu ciel de l’an dernier, l’équipage concourra ce printemps dans une 404 coupé cabriolet datée de 1973. Une beauté prêtée par une bienveillante propriétaire grâce à l’entremise de la conciergerie de luxe Soupapes. « On pourrait louer, mais, jouer le jeu, c’est aussi se débrouiller pour tout trouver sans débourser un centime », explique la Toulousaine.

Le défi financier est de taille. « On a besoin de 17.000 euros par équipage ». Une soirée "Casino" [1], le 6 mars prochain, permettra de lever des fonds pour leur défi, mais aussi au profit des deux associations qu’elles soutiennent. Deux entités bien connues à Toulouse pour la promotion des sportives : Femmes du rugby d’Emmanuelle Choussy et La Maison du sport au féminin, dirigée par Damien Trastet. Ce dernier se félicite de l’initiative. « On est complètement en phase avec leurs valeurs, le fait de promouvoir l’accès à la pratique sportives des femmes. Et c’est génial qu’elles s’emparent de projets dans les sports mécaniques, où on les voit peu. »

En plus des bénéfices qui seront récoltés pendant la soirée, Sandrine prévoit d’apporter un bonus aux associations après le rallye : « 1 euro du km parcouru. L’an dernier, on a donné 1700 euros », précise-t-elle.

Une nouvelle association pour promouvoir les femmes au volant

Malgré sa dimension caritative, « le rallye est une vraie compétition ». Les participantes doivent respecter les horaires de départ et d’arrivée sur les points de ralliement, tenir le chrono pendant les étapes “spéciales”, aux roadbooks énigmatiques, pour espérer tenir le haut du classement général. Mais pour Valérie Jimenez, la course offre paradoxalement « une pause » dans son quotidien de cheffe d’entreprise à cent à l’heure. L’aventure résonne en elle, comme un écho à l’histoire de sa mère, véritable pionnière de l’émancipation féminine. « Elle s’est mariée trois fois, a divorcé deux fois, elle a monté sa boîte… et elle faisait du rallye. À une époque où rien de tout cela ne se faisait pour une femme », raconte-t-elle. L’entrepreneure poursuit : « On veut gagner mais on a déjà gagné. Des fous rires, cette complicité unique… Sandrine est une personne incroyable, on se ressemble, on est des guerrières », conclut Valérie Jimenez.

« Magique » : la sublime Triumph TR3 toulousaine au rallye 2025
Peter Auto

La capsulite héritée de sa fracture empêche à nouveau Sandrine Champagne de prendre le volant : comme l’an dernier, elle restera côté passager, Valérie Jimenez à la manœuvre. Mais l’entrepreneure le promet : « En 2027, je ne laisserai ma place à personne ! »

L’an dernier, parmi une centaine d’équipages venus de dix-sept pays, les deux Toulousaines étaient les seules représentantes de la Ville rose. « J’ai créé l’association Women on the Road dans le but d’encourager d’autres femmes à se lancer. Ça donne une nouvelle dimension à l’aventure », se félicite Sandrine Champagne. Pari réussi puisque trois équipages toulousains (peut-être même quatre) seront au départ de la course 2026, une édition spéciale sous le signe des 25 ans du rallye.
Marie-Dominique Lacour

Photo : Sandrine Champagne, Valérie Jimenez, et la 404 coupé cabriolet avec laquelle elles courront le Rallye des princesses 2026. Crédits : DR.

Notes

[1Soirée levée de fonds “Casino”, vendredi 6 mars 2026 à La Pergola (Toulouse, 262 Avenue de Lardenne), prix unique 80 euros, infos et inscriptions : https://woman-on-the-road.s2.yapla.com/fr/event-106557

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Source : https://www.touleco.fr/Les-Princesses-toulousaines-a-l-assaut-du-Rallye,50595