Haute-Garonne. Minjat, le circuit court sur le temps long

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Depuis 2019, le magasin Minjat a su surmonter les difficultés pour pérenniser un modèle valorisant les producteurs locaux avec une croissance annuelle de 8 %. L’objectif est aujourd’hui de développer des structures complémentaires et, à terme, de dupliquer le modèle éprouvé à Colomiers.

Avec 400 m2 entièrement dédiés au circuit court et une cantine du midi qui sert 150 personnes en moyenne, Minjat a trouvé son rythme de croisière à Colomiers (Haute-Garonne), dans l’agglomération toulousaine, en proposant fruits et légumes, épicerie, boucherie, fromagerie, cave, mais aussi restauration et traiteur. « Nous avons un réseau de quatre cents producteurs, dont 90 % en Occitanie, ce qui représente environ 15 millions d’euros d’achat sur le territoire. Nous sommes fiers, car c’est l’ADN du projet », souligne ainsi David Pagès, cofondateur en 2019 du magasin avec Cyril Picot et Anton Dimitriev, tous deux fils d’agriculteurs gersois. Aujourd’hui, Minjat rassemble près de 3000 clients par semaine et emploie quarante salariés pour un chiffre d’affaires de 4,8 millions d’euros.

Des résultats d’autant plus remarquable qu’en mai 2023, un incendie aurait pu tout remettre en cause. « Cela a considérablement retardé le développement », reconnaît David Pagès. Il a fallu douze à dix-huit mois pour redémarrer mais cette « grosse épreuve » a montré « la force du modèle ». « C’est comme si on n’avait jamais fermé et 2024 a été une année record », insiste-t-il. Et la tendance s’est poursuivie avec une croissance de 8 % entre 2024 et 2025. De quoi envisager l’avenir sereinement.

Une nouvelle structuration

C’est justement ce que Minjat veut faire, en profitant d’un modèle qui a fait ses preuves pour franchir un nouveau cap. Deux associés ont ainsi quitté la direction en janvier avec des projets bien précis. « Nous sommes à un stade où il faut faire grandir la mission », estime David Pagès, qui reste l’unique dirigeant. Cyril Picot est chargé d’ouvrir un autre magasin de proximité dans l’agglomération toulousaine, consacré seulement aux fruits et légumes et aux produits frais en libre service. De son côté, Anton Dimitriev travaille à la création d’un outil de transformation, afin de développer la gamme de produits cuisinés. « Ils ont déjà quelques pistes », confie le dirigeant de Minjat, qui évoque un besoin de financement de 500.000 euros environ pour chaque projet. Un montant pour lequel la société columérine va s’appuyer sur les banques.

Mais cela ne signifie pas pour autant que le magasin de Colomiers se repose sur ses lauriers. Depuis début mai, la cantine a développé un nouveau modèle de restauration en proposant un self-service « plus adapté aux gens qui travaillent », explique David Pagès. Un investissement de 100.000 euros destiné à moderniser l’offre et à répondre aux modes de consommation. L’autre enjeu pour Minjat est d’assoir l’autonomie des équipes et d’intégrer de nouveaux profils, malgré les difficultés de recrutement, notamment dans les métiers de bouche et la cuisine. « Notre modèle est résilient à l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat, car les circuits courts sont moins touchés. C’est essentiel car nous tenons, depuis le début, à proposer des produits pas trop chers. »
Paul Périé

Sur les photos : La cantine, le magasin et David Pagès, associé cofondateur de Minjat. Crédits : Jérôme Froissard - DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Minjat-le-circuit-court-sur-le-temps-long,51805