Occitanie. La Caisse des dépôts au chevet du thermalisme régional

Acteurs de la filière, élus locaux, régionaux et nationaux étaient réunis vendredi 11 septembre à Luz-Saint-Sauveur à l’initiative de la Caisse des dépôts. Objectifs : soutenir le thermalisme et cerner les enjeux d’un secteur durement impacté par la crise du Covid-19.

Avec ses vingt-neuf stations thermales, la région Occitanie accueille près de 180.000 curistes chaque année et représente un tiers de l’activité nationale de la filière. « Entre les retombées directes, qui s’élèvent à près de 110 millions d’euros, et indirectes, le thermalisme apporte environ 300 millions d’euros au PIB régional », assure Waïner Tabone, secrétaire général de la Fédération Thermale d’Occitanie (FTO). Mais, cette année, crise du coronavirus oblige, l’ensemble des stations régionale ont vu leur chiffre d’affaires chuter considérablement.

C’est pour cette raison que la Banque des Territoires, créée en 2018 au sein de la Caisse des dépôts, a réuni l’ensemble des acteurs français de la filière pour lui assurer son soutien. « Le secteur a beaucoup souffert du Covid », insiste Éric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts. « Dans le cadre de notre plan de relance consacré au tourisme, 300 millions d’euros seront dédiés à l’accompagnement des investissements pour le thermalisme, la montagne et la plaisance. À cela s’ajoutent 700 millions d’euros de prêt sur fonds d’épargne. »

Création d’un observatoire de l’économie des stations thermales

Pour Jean-François Béraud, président de la Fédération thermale et climatique française (FTCF), il s’agit d’un signal fort de l’accompagnement de la Caisse des dépôts aux côtés de l’État. « Notre filière se portait bien avant la crise avec une hausse de l’activité de 25 % en dix ans. À la fin de la saison, on devrait enregistrer – 50 à – 60 %. Les trésoreries sont exsangues. » Si 90 % des acteurs du thermalisme ont pu bénéficier des aides de l’État (PGE, chômage partiel), il souligne cependant que les régies, essentiellement municipales, n’étaient pas éligibles à ces mesures. Or, dix des quinze régies nationales se trouvent dans les Pyrénées (Luz, Barèges, etc.). En 2019, la Cour des Comptes avait d’ailleurs pointé un « modèle économique fragile » et un manque de distinction entre thermalisme médical, qui représente l’essentiel de l’activité et activités thermoludiques.

Pour accompagner au mieux l’évolution nécessaire de la filière, le directeur général de la Caisse des dépôts et Jean-François Béraud ont signé une convention de partenariat pour le financement d’un Observatoire de l’économie des stations thermales. « Un outil précieux pour valoriser la filière et soutenir son développement », selon le président de la FTCF. Car les inquiétudes portent aussi sur l’après-crise. Comment convaincre les curistes de la sécurité des lieux, alors que le gros des réservations se fait en général l’hiver et que les incertitudes liées à l’épidémie demeurent ? Si la crise a révélé des difficultés structurelles, elle a forcé la filière thermalisme à se mobiliser. « Il y a une vraie solidarité entre les acteurs », se félicite Éric Lombard, qui imagine diverses pistes de relance : structuration économique renforcée, consolidation envisageable, diversification de l’offre en s’adaptant au tourisme de montagne.
Paul Périé

Sur la photo : 90 millions d’euros ont été investis par la collectivité entre 2011 et 2016 dans les stations thermales régionales. Crédits : Lydie Lecarpentier - Région Occitanie.

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Source : https://www.touleco.fr/Occitanie-La-Caisse-des-depots-au-chevet-du-thermalisme-regional,29437