Professeur Houblon tire les leçons de l’entrepreneuriat

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Développée par une diplômée de l’Ensat, Professeur Houblon propose des bières bien moins caloriques que celles du marché. Grâce au programme d’accélération de l’Université fédérale, l’entreprise peut proposer son nectar sur le marché depuis l’été dernier.

Au Moyen-âge, ce sont les femmes qui brassaient la bière. Leur savoir-faire faisait d’elles des sorcières aux yeux de leurs contemporains. Juliane Woaye- Koi s’est inspirée de cette anecdote pour créer Belladone, sa première gamme de bières, en référence à la plante à laquelle on prête des vertus magiques. Il faut dire que son produit compte une innovation alléchante : être 40 % moins calorique que les autres breuvages maltais du marché, tout en conservant son degré d’alcool. Son entreprise baptisée Professeur Houblon, la jeune femme l’a créée alors qu’elle était encore à l’école. Étudiante à l’Ensat (École nationale supérieure agronomique de Toulouse), elle développe, pour un module de création d’entreprise, son futur projet. Face à l’intérêt suscité par son idée, elle décide de poursuive dans cette voie, une fois diplômée. Plutôt que de devenir chef de projet dans l’agroalimentaire, elle choisit de tenter la grande aventure de la création d’entreprise.

« J’ai été pas mal encouragée par ma famille et c’était le moment où jamais car je n’avais aucun engagement. J’avais besoin malgré tout d’un cadre. J’ai donc tapé sur un moteur de recherche : diplôme création d’entreprise et je suis tombée sur le programme Pépite Écrin. » Elle intègre le dispositif de l’Université Fédérale pour passer le diplôme de l’étudiant entrepreneur (D2E), puis poursuit son parcours dans le programme d’accélération qui le suit, le Starter. « La première année était plutôt généraliste mais m’a apporté énormément de connaissances sur le monde de l’entrepreneuriat. Le Starter a été plus efficace pour le développement de mon projet. » Un accompagnement d’autant plus utile que Juliane Woaye-Koi porte son projet seule.

Une deuxième gamme en préparation

L’entreprise en est aujourd’hui à sa phase de commercialisation. Elle a en effet été lauréate du concours C’Demain organisé par le groupe Casino, ce qui lui permet de voir sa première gamme de bières blondes référencée dans une cinquantaine de Franprix à Paris. « Je table sur 1300 bouteilles vendues par mois. J’ai une exclusivité de six mois avec l’enseigne, ce qui va me permettre de développer une deuxième collection de bières. Après la blonde, il s’agira d’Indian Pale Ale. Je vais également chercher de nouveaux réseaux de distribution. » Les bières sont produites par de petits brasseurs avec lesquels Professeur Houblon a créé des partenariats. Pour avancer, Juliane Woaye- Koi se rend régulièrement au Catalyseur, l’espace de coworking de l’Université en attendant de trouver une structure d’hébergement plus pérenne.

Elle cherche également des personnes pour l’aider à porter son projet. Pour qualifier Professeur Houblon, la jeune chef d’entreprise parle de PME. « Je ne me considère par comme une start-up dans l’acception exacte du terme. Je ne vise pas une croissance exponentielle et fulgurante. Je me vois plutôt comme une PME dont l’objectif est de se développer en faisant vivre ses salariés et en répondant à mes besoins. » Elle a d’ailleurs fait un choix révélateur dans son statut, celui de la SARL et non de la SAS et n’envisage pas de levée de fonds dans l’immédiat.
Agnès Frémiot
Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le hors série Start-up : le Décodeur, édition 2020

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Source : https://www.touleco.fr/Professeur-Houblon-tire-les-lecons-de-l-entrepreneuriat,29288