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Publié le lundi 13 février 2017 à 19h31min par Philippe Font

Hyperloop : un incroyable projet de centre de recherche arrive à Toulouse

Article diffusé le 24 janvier 2017

Cette fois, ce n’est pas du cinéma. Les Américains d’Hyperloop Transportation Technologies posent leurs valises à Toulouse. Ils veulent ouvrir un centre de recherche et d’innovation sur le transport du futur au sein de la zone de Francazal.

Voyager dans un module circulant sur un coussin d’air dans un tube et à une vitesse de 1200 km/h permettant par exemple de rallier Toulouse à Montpellier en 24 minutes ? Si aujourd’hui ce scénario est de la pure fiction, il pourrait bientôt devenir réalité. C’est en tous les cas ce que souhaitent Dick Ahlborn et Bibop Gresta, les deux dirigeants de l’entreprise Hyperloop Transportation Technologies, qui a vu le jour en Californie en 2013.

Ils ont signé, ce mardi 24 janvier, avec l’État, la Métropole et la Région une convention signifiant leur installation sur le site de Francazal. L’ancienne base militaire va donc accueillir un centre de recherche et d’innovation européen sur le transport de demain. « Nous avons choisi Toulouse car avec l’aéronautique et le spatial, il y a un concentré de technologies et de matière grise important », ont justifié Dick Ahlborn et Bibop Gresta. En balance avec Bratislava (République Tchèque), la Ville rose a remporté la mise grâce à son important tissu industriel.

Construire un prototype

Concrètement dans les mois à venir, une cinquantaine d’emplois autour de ce projet devrait être créée. Hyperloop Transportation Technologies prévoit d’investir 40 millions de dollars dans le programme, dont 80% dans les trois ans à venir. A moyen terme il est prévu de construire un prototype de l’Hyperloop. La Hyperloop Academy, une plate-forme mettant en relation universités et laboratoires de recherche, ainsi que le Hyperloop Lab, un incubateur de start-up travaillant sur des technologies connexes au projet Hyperloop, seront également créés sur les 3000 m² dévolus par l’État sur l’ancienne base aérienne. Une piste d’un kilomètre qui servira aux tests grandeur nature complète le dispositif. « Nous avons une approche à la « californienne », basé sur le travail collaboratif », ajoute Dick Ahlborn.

L’appui de la Région, de la Métropole et de l’État

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Le principe est simple : les gens sont rémunérés en stock-options en fonction de leurs compétences et de leur investissement dans le projet. A Toulouse, le projet a été accueilli avec un très grand intérêt : la Région a prévu d’investir entre 1 et 5 millions d’euros via ses contrats d’appui, la Métropole financera l’aménagement du site de Francazal et l’État met à disposition les locaux.

Si aucun contact formel et officiel n’a été établi avec les industriels de la région, l’arrivée des Américains et de leur projet d’Hyperloop pourrait se concrétiser par des accords avec Airbus et d’autres industriels afin qu’ils amènent leur savoir-faire. Pour Jean-Luc Maté, vice-président de Continental à Toulouse et président du cluster Automotech qui regroupe les acteurs de la filière automobile en Occitanie, la problématique est simple.« Pour que ce projet high-tech voit le jour, il doit être industrialisable afin de proposer un ticket de transport à un prix abordable. Et ça, dans la région, on sait faire ! »
Philippe Font

Sur la photo : Une vue du site de Francazal quand les bâtiments d’Hyperloop Transportation Technologies seront opérationnels. Crédits : Agence François Leclercq

L’hyperloop, la nouvelle aventure des transports

En 2013, l’américain Elon Musk, déjà inventeur de la marque de voitures électriques Tesla, lance l’Hyperloop, un projet de recherche industriel digne de la science fiction. Le principe ? Voyager dans des capsules propulsées par induction dans un tube sous vide à plus de 1000 km/h.

L’hyperloop est considéré par son inventeur comme un cinquième mode de transport, en plus des bateaux, des avions, des voitures et des trains. Mais ce dernier, tout occupé à travailler sur les vols suborbitaux avec Space X, laisse le projet à d’autres, selon le principe de l’open source. Deux sociétés se sont positionnées : Hyperloop One (anciennement Hyperloop Technologie Inc.) et Hyperloop Transportation Technologies (HTT), qui a choisi Toulouse pour l’implantation de son centre de recherche européen.

Sur le papier, l’hyperloop permettrait de rallier le centre de Los Angeles et le centre de San Francisco, soit 551 kilomètres, en moins de 30 minutes. Mais dans les faits, il est peu probable qu’une telle liaison puisse se faire. La cause ? L’achat du foncier nécessaire pour installer les tubes entre ces deux villes serait trop prohibitif !

4 Commentaires

  • Le 25 janvier à 10:27 , par Michel Bédard

    Bonjour,
    Je suis ce projet de puis son origine, travaillant avec quelques amis sur un projet un peu concurrent ; pour moi, ce projet Hyperloop n’a aucun fondement technique sérieux et pour plusieurs raisons !
    La première raison étant du domaine de la sécurité, en cas d’avarie au milieu d’u parcours, comment sortir les occupants ??? et ne pensez pas « casser » le vide car le changement de température serait alors énorme, ne pensez pas au scaphandre, les passagers ne seront pas nécessairement des astronautes …
    Ensuite, le vide, est une « énergie » extrêmement chère, et bien sûr comme rien n’est gratuit sur terre, les économies réalisées sur la propulsion grâce au vide seront intégralement « mangées » (voire un peu plus à cause des rendements). ;
    Et enfin comme tout mode de transport, l’hyperloop devra satisfaire aux réglementations en vigueur, et je vois mal comment.

    Pour mémoire, les Suisses ont eu un projet un peu similaire : « Swiss Métro » qui a bien sûr avorté pour les raisons que j’invoque. .

    Cette affaire est purement financière, sur une idée sans fondement technique, il a été « tiré » un maximum d’argent qui remonte aux EU… Comment la SNCF a pu entrer dans ce jeu là… (enfin Alstom était bien partenaire du SWIS Métro).

    Michel Bédard

    • Le 14 février à 10:18, par Uneréponse

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      Je suis d’accord avec vous que c’est principalement un coup de pub..pour faire de l’argent, dont nous ne verrons pas la couleur.. En y réfléchissant c’est un coup à la UBER.. Tout les profits repartent aux US.. Le gouvernement français fait de la figuration…Alors que d’autres pays sont plus durs et intransigeants avec UBER.. Je me demande toujours pourquoi une application française identique n’a pas encore vu le jour.. On nous parle de French Tech tous les jours, cela serait une bonne idée d’occuper un besoin avec une application made in France qui paye des taxes en France.. D’autres pays l’ont fait…

      Après quelques questions :

      Vous dites : “ en cas d’avarie au milieu d’u parcours, comment sortir les occupants ??? “
      Pourquoi n’y aurait t’il pas des sas qui peuvent fermer le tube tous les X distances.. Pas possible ?

      Vous dites : “le vide, est une « énergie » extrêmement chère, et bien sûr comme rien n’est gratuit sur terre, les économies réalisées sur la propulsion grâce au vide seront intégralement « mangées » (voire un peu plus à cause des rendements).”
      Je n’ai aucune idée des puissances nécessaires pour générer le vide du système mais si on couvrait toute la longueur du tube ( des centaines de Kms) en panneau solaire combiné au réseau, cela n’est pas réaliste en terme de couts ?

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  • Le 27 janvier à 12:24 , par moreau

    c’est une idée qui impressionne mais le développement technique réserve et réservera de nombreux obstacles qui seront peut-être résolus !!! mais à quel prix…

    De toute façon au final un système n’a de chance d’aboutir que si il est financièrement équilibré (coûts d’acquisition, de maintenance, de consommation,…qui entraîneront un coût pour les utilisateurs) et là il n’y a rien de gagner (je suis ce principe depuis l’origine en 2013)

    je rappelle que les Allemands on développé un train à sustentation magnétique qui fonctionne très bien (500 km/h) mais les coûts d’acquisition sont 3 à 4 fois plus chers que le TGV et ce système ne sera jamais acheté, aucun pays ne peut se le permettre ; même les allemands l’ont abandonné en 2008 !!!!.

    je reviens sur l’essai hyperloop du mois de mai 2016, suivant les articles la vitesse atteinte varie de 200 à 600 km/h
    je rappelle qu’a la fin des années 60 un chariot d’allure similaire à atteint la vitesse de 1400 km/h guidé sur un coussin d’air….

    autre commentaire : la société HTT qui vient à Toulouse se finance par des appels à dons d’entreprises privées et publiques (SNCF) et des subventions de collectivités publiques et les employés travaillent en plus de leur emploi et sont rémunérés en stock option !!!

  • Le 14 février à 09:49 , par La brune

    Effectivement, on est en droit de d’interroger sur la viabilité de ce projet et de l’utilisation des deniers publics…

    Serait-ce un coup de comm ?

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