À Montauban, Celso recrute et s’ouvre à de nouveaux marchés

Grâce à sa diversification, le spécialiste des mousses techniques et matériaux cellulaires souples a bien résisté à la crise de l’aéronautique en 2020. Aujourd’hui, l’entreprise montalbanaise tourne à plein régime et s’apprête à recruter pour répondre à la demande.

« Nous sommes à fond. Je dois gérer les heures supplémentaires et les recrutements. » En ces temps difficiles pour de nombreuses entreprises, les propos d’Agnès Timbre, dirigeante de Celso, peuvent étonner. Pourtant, cela ne doit rien au hasard. « C’est le résultat d’une stratégie », fait-elle remarquer avec sa franchise habituelle.

En effet, malgré une baisse d’activité de plus de 20 % en 2020, avec un chiffre d’affaires de 6,1 millions d’euros, en raison de la crise du secteur aéronautique, Celso avait amorti la chute grâce à une diversification opérée depuis plusieurs années. « L’an dernier, l’activité a baissé au niveau de l’aviation commerciale et, contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, dans le secteur médical. De nombreux investissements n’ont en effet pas été réalisés en dehors des services de réanimation », précise la dirigeante. Le secteur du sport et des loisirs a lui aussi été très touché en raison des confinements, mais le marché des hélicoptères, pour lequel Celso fournit les mousses des sièges de pilote, ainsi que celui des avions VIP, ont continué de croitre.

Six recrutements prévus

Et, en ce début 2021, l’usine tourne à plein régime. « Le chiffre d’affaires est supérieur à ce qu’il était en 2019 sur ces premiers mois », indique Agnès Timbre, qui précise que le site de production est ouvert de 5 heures du matin à minuit, avec tous les salariés en heures supplémentaires. « On essaie d’adapter les horaires au besoin de chacun avec le confinement. » Pour faire face à cette forte reprise de l’activité, Celso prévoit de recruter six personnes pour compléter l’équipe de quarante-sept salariés.

Comment expliquer un tel succès ? « Nous devons notamment répondre aux demande de l’aéronautique », souligne-t-elle. Les compagnies aériennes ayant retardé leurs renouvellement de flotte, il est aujourd’hui nécessaire de changer les coussins des sièges pilote, alors que certaines compagnies remplacent les sièges de leur classe affaire. Comme beaucoup d’industriels, Celso souffre cependant d’une pénurie et d’une hausse des prix des matières premières, en raison du ralentissement des échanges mondiaux.

Délocalisations : « on a déconné »

Malgré tout, Agnès Timbre fait preuve de philosophie et d’optimisme. « Il ne faut pas voir que du négatif dans la crise. Cela nous a amené à nous poser de vraies questions, au niveau des déplacements professionnels, du respect de l’environnement, etc. », note-t-elle. Elle assure par ailleurs que certains secteurs s’aperçoivent que les délocalisations étaient allées trop loin. « On a déconné », reconnaît-elle. « Et les relocalisations peuvent avoir des effets bénéfiques. » Elle en veut pour preuve le marché des siège de bureau, qui est en pleine explosion. « Certaines entreprises commandent par milliers pour fournir leurs salariés en télétravail. Et ils ne peuvent plus s’approvisionner en Asie aujourd’hui. » Celso, qui fournit des mousses à certains client, en tire ainsi profit.

Afin de consolider davantage son entreprise, la dirigeante poursuit sa volonté de diversification. Celso vient ainsi de signer un accord de confidentialité avec un armateur pour équiper des bateaux de croisière de luxe. « C’est un marché porteur », se réjouit Agnès Timbre, persuadée qu’il y a de belles choses à faire dans de nombreux secteurs. Ne comptez pas sur elle pour mettre la tête sur l’oreiller.
Paul Périé

Sur la photo : Le site de Celso, dans le Tarn-et-Garonne, est actuellement en pleine activité. Crédit : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Montauban-Celso,30983