A Toulouse, les Restaurants du cœur s’attendent « à un hiver long »

Au centre des Restaurants du cœur des Arènes à Toulouse, l’impact de la crise est perceptible. L’hiver ne fait que commencer et les demandeurs sont déjà en grand nombre. La campagne hivernale de l’assocation d’aide alimentaire pourrait être bien longue.

« Nous sommes déjà dans une cadence de combat ». Gabrielle Villaescusa, la responsable du centre des Restaurants du cœur des Arènes, à Toulouse, utilise à plusieurs reprise des métaphores guerrières pour décrire le rythme de travail très soutenu auquel est confrontée l’association en ce début d’hiver. 10h55, ils sont, en effet, déjà extrêmement nombreux à faire la queue devant les locaux. Parmi la petite foule, un nombre important de femmes, parfois accompagnées de jeunes enfants. Ici, les repas sont distribués le mardi de 13h30 à 20 heures (le créneau de 17 à 20 heures est réservé aux étudiants, de plus en plus précaires) et le jeudi de 9 à 17 heures.

Tenir face à l’afflux de demandes

« La campagne d’hiver a débuté en novembre et ça a démarré très fort. Nous aidons déjà 536 familles. On devrait sans doute atteindre les 1000 familles à la fin de l’hiver. L’an dernier, nous étions à 700 personnes. La crise, nous avons commencé à la ressentir cet été, où nous avons assisté à une explosion de demandes par rapport à l’an passé », déplore la responsable du centre.

Si la structure « a été un peu dépassée » par l’afflux de demandes estivales, ce n’est plus le cas désormais. La structure associative peut compter, aux Arènes, sur une soixantaine de bénévoles. « Pour le moment, nous sommes assez nombreux pour faire face, mais il va falloir résister longtemps. L’hiver ne fait que commencer. Il risque d’être long ! », s’inquiète Gabrielle Villaescusa. Quand on est bénévole, il faut tenir la distance. Le travail est loin d’être une sinécure. « C’est très intense. On passe de longues heures debout et il y a parfois des tensions avec certaines personnes », décrit la volubile Annick.

Le règlement doit être appliqué de manière stricte. « Il n’y a pas de passe-droit. Nous établissons des menus précis selon les différentes situations de chacun. Il faut le rappeler à certains », reconnaît Gabrielle Villaescusa, qui s’occupe tous les lundis et mercredi de l’inscription de nouveaux bénéficiaires. « Grâce aux documents chômage et de la Caf, nous déterminons leur barème. Et nous leur remettons une carte qui permettra aux bénévoles de savoir ce qu’ils doivent leur distribuer exactement. La limite est de six repas par semaine pour les couples et les familles et de neuf repas pour les personnes seules. En raison du nombre de personnes, il faut faire vite - maximum une demi-heure par personne - pour ces inscriptions », explique la responsable des Restaurants du cœur.

Celle-ci compare sa fonction à « la direction d’une petite entreprise ». « C’est toute une organisation. C’est un travail à temps plein. Il faut gérer les bénéficiaires, les équipes de bénévoles mais aussi les stocks de nourriture venue de la centrale de Paris. Leur substituer dès que possible les dons des particuliers et des entreprises », détaille Gabrielle Villaescusa.

Les Restaurants du coeur ne font pas que de l’aide alimentaire, ils proposent aussi un soutien à la recherche de logement et d’emploi. Un moyen de permettre à ses bénéficiaires de ne plus avoir un jour besoin de leurs services. Une mission méconnue du grand public, qui devient capitale en ces temps de crise sociale.
Matthias Hardoy

Sur les photos : De nombreuses mères de familles se rendent au centre des Restaurants du coeur des Arènes, à Toulouse. Une soixantaine de bénévoles se relaient pour leur distribuer des repas. Mais aussi les aider dans leur recherche de logement ou d’emplois. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Toulouse-les-Restaurants-du-coeur-s-attendent-a-un-hiver-long,30188