Absoger teste une couche d’ozone pour conserver les fruits

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Absoger va expérimenter la conservation des bananes sous ozone pendant leur transport. Le groupe familial Gerbaud, l’un des leaders mondiaux de la conservation sous atmosphère contrôlée, cherche des alternatives aux traitements chimiques dans la conservation des fruits et légumes.

Bien que l’ozone soit utilisée depuis longtemps pour désinfecter l’eau et les locaux, son usage n’est pas encore autorisé en France dans la conservation des aliments. Pourtant, la plateforme de recherche industrielle TOAsT, de l’école d’ingénieurs de Purpan, a mis en évidence son efficacité dans la conservation des pommes.

Sur ce principe, l’entreprise Absoger, du Groupe Gerbaud, va mener une première expérimentation. « Nous avons initié ce projet en collaboration avec la plateforme TOAsT et la Compagnie fruitière afin de transporter des bananes de Côte d’Ivoire sous atmosphère ozonée », explique Sylvain Gerbaud, président du Groupe Gerbaud. « Absoger est le seul fabricant français d’équipements et de chambres destinés à la conservation sous atmosphère contrôlée. Nous participons régulièrement à des projets pour tester des alternatives aux traitements chimiques dans la conservation des fruits et légumes. »
Pour les fruits, l’intérêt de l’ozone est de bloquer l’éthylène qu’ils produisent pour leur maturation. Sans éthylène, les fruits restent verts et se conservent plus longtemps. De plus, l’ozone, dérivé d’oxygène, a des propriétés antifongiques contre les micro-levures et champignons.

Autorisations spécifiques

Les États-Unis et le Canada autorisent l’ozone au contact des produits agroalimentaires, mais la loi laisse la responsabilité des conséquences de ces utilisations aux entreprises. En Europe et en France, la législation est différente et l’État engage sa responsabilité dans ce qu’il autorise. L’usage de l’ozone n’est donc pas généralisé en agroalimentaire et les autorisations doivent être sollicitées au cas par cas. « Avec les acteurs de la filière fruits et légumes, nous allons déposer des demandes d’autorisation », précise Frédéric Violleau, directeur de la recherche de l’école d’ingénieurs de Purpan et fondateur de la plateforme TOAsT. « Nous le ferons pour autoriser le lavage à l’eau ozonée après la récolte, la désinfection à l’ozone dans les eaux de convoyage et dans l’atmosphère des chambres de stockage. »

Pour Absoger et ses cinquante-quatre salariés, la production et l’utilisation d’ozone fait partie du métier. Depuis les années 1980, ce groupe familial expert des chambre froides s’est spécialisé dans le traitement des gaz et la gestion de l’atmosphère. Devenu expert, il est numéro 2 mondial sur le secteur et intervient aussi bien dans la conservation des fruits, dans le domaine vinicole ou encore pour des applications industrielles ou pétrolières.

« Nous avons aussi développé la conservation des œuvres d’art », complète Sylvain Gerbaud. « Nous les maintenons dans des chambres sans oxygène pour éviter les dégradations liées à la présence d’insectes, œufs et larves. Nous sommes devenus leader sur le marché. » Actuellement, le gros projet de l’entreprise réside dans la construction d’un bâtiment de stockage géant à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), pour le plus gros semencier européen Limagrain. Ce bâtiment comptera 135.000 m3 avec une zone de traitement en anoxie (sans oxygène). Avec la sélection dans le programme France 2030, le groupe qui génère 12,5 millions d’euros de chiffre d’affaires va agrandir ses locaux aux Barthes, près de Moissac (Tarn-et-Garonne).
Florence Pinaud

Sur la photo : Abosger va agrandir ses locaux à Les Barthes, près de Moissac. Crédit : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Absoger-teste-une-methode-de-conservation-propre,51632