Débarquée à New York en 1978 avec 1500 dollars en poches, Ariane Daguin ne se destinait pas vraiment à vivre une telle success-story à l’américaine. Après des études de journalisme avortées à l’université de Columbia, elle se retrouve vendeuse dans l’une des plus célèbres charcuteries de la ville, Les trois petits cochons. Simple étape avant le grand saut dans le business pour celle qui crée, à seulement 26 ans, D’Artagnan Foods, avec un projet un peu fou, aider des fermiers américains à écouler leur foie gras.
« Je n’avais aucune connaissance en marketing, ni en finances, mais je savais que le foie gras et tous les morceaux du canard sont essentiels pour la gastronomie mondiale. Il ne me restait plus qu’à arriver à le leur vendre. » Aidée par son culot et son accent français, elle devient, en quelques années, l’incontournable Doyenne of Duck pour les Américains, aussi célèbre sur les plateaux télé que sur les grandes tables du pays.
Comtesse du Barry, trois ans pour un retour à l’équilibre
En 2022, alors qu’elle vient de céder D’Artagnan Foods (150 millions d’euros de chiffre d’affaires et 275 salariés) pour 102 millions d’euros, s’installe la peur du vide. « Quand on m’a proposé de m’associer pour reprendre Comtesse du Barry, j’ai replongé. Ça me tenait à cœur de ne pas laisser mourir cette marque. » Les quatre repreneurs, Jérôme Lassus, ancien du groupe Vivadour, Pascal Lannebère et Jérôme Sarciat, de la conserverie landaise D’Artigues Foie Gras, et Ariane Daguin se donnent trois ans pour remettre la marque à flot.
Ambition ? Garder le réseau des trente-cinq magasins et se recentrer autour de produits d‘exception du Sud-Ouest comme l’ail noir et le safran du Gers, en plus des foies gras, pâtés et terrines… Puis, surtout, créer des expériences dans les boutiques : déjeuners sur le pouce, afterworks, sandwiches. De nouvelles recettes qui n’empêchent pas les associés de rester focus sur les chiffres. « Nous avons racheté l’entreprise avec un chiffre d’affaires à 15 millions d’euros, et nous espérons le doubler rapidement », prévoit Ariane Daguin.
Béatrice Girard
Sur la photo : Les quatre repreneurs de Comtesse du Barry veulent transformer chaque passage en boutique en expérience culinaire. Crédit : DR.
