Biomédicaments. GTP Bioways investit 12 millions d’euros dans deux nouvelles lignes de production

C’est un investissement stratégique pour répondre à une demande de biomédicaments en plein boom. Avec ses deux nouvelles unités de fabrication, l’une cellulaire, l’autre microbienne, le façonnier GTP Bioways prévoit une envolée de sa croissance.

GTP Bioways vient d’investir 12 millions d’euros dans deux nouvelles unités de production de candidats médicaments à Toulouse, dans le périmètre de l’Oncopole. Bpifrance contribue à hauteur de 5,9 millions d’euros, le reste provenant de financements bancaires et de fonds propres. Créé en 2019 à Toulouse, GTP Bioways est un sous-traitant spécialisé dans la production de biomédicaments de type protéique, d’anticorps monoclonaux et de nanothérapies destinés à la R&D et aux études cliniques. Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros en 2021, emploie une centaine de personnes, dont soixante à Toulouse.

La holding est structurée autour de trois filiales, GTP Technologie à Labège, GTP Immuno près de Clermont-Ferrand et GTP Nano à Toulouse. Elle pilote également un site de Fareva, en partenariat avec le façonnier pharmaceutique, à Saint-Julien-en-Genevois en Haute-Savoie. « Nos deux nouvelles lignes de production constituent un vrai choix stratégique. Cumulées à la montée en puissance de la plateforme d’anticorps savoyarde, elles devraient nous permettre de doubler notre chiffre d’affaires en 2025 à 40 millions d’euros et de créer cinquante nouveaux emplois », anticipe Alain Sainsot, président fondateur de GTP Bioways.

Mises en service à la fin de 2022 et au début de 2023

Depuis la crise de 2009 et le déclin du rendement des activités de recherche, les grands laboratoires pharmaceutiques, sous pression de leurs actionnaires, ont délégué l’innovation à des entreprises plus petites, les biotech. Ils rapatrient ensuite en interne ces nouveaux médicaments, une fois les phases de R&D réussies. C’est ce marché préliminaire des biotech que GTP Bioways adresse en priorité. « Notre taille est adaptée aux besoins en lots cliniques de ces petites entreprises innovantes », explique Alain Sainsot, ancien directeur des opérations et de la logistique chez Pierre Fabre, avant de créer Amatsigroup, une société de développement pharmaceutique, vendue en 2017 à Eurofins.

GTP Bioways mettra en service à la fin de l’année 2022 sa première unité de fabrication de 100 mètres carrés, dédiée à la production de petits volumes d’anticorps et de protéines à base de cellules de mammifères. Cette ligne produira les premiers lots cliniques d’un vaccin nasal contre le Covid, développé par l’Université de Tours. Une deuxième unité, prévue pour être opérationnelle au début de 2023, est destinée à la production en système microbien. Plus grande que la première, d’une surface de 300 mètres carrés, elle place GTP Bioways en position de choix au niveau français pour la production de protéines à visée vaccinale ou thérapeutique et d’enzymes utilisés dans les vaccins à ARN messager. Un marché en pleine explosion.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Alain Sainsot, président de GTP Bioways, a créé le fabricant à façon de biomédicaments en 2019. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Biomedicaments-GTP-Bioways-investit-12-millions-d-euros-dans,32895