Biotechnologies et industrie. À Toulouse, TWB crée un complexe unique en France

article diffusé le 2 mars 2021

Un nouveau bâtiment deux fois plus grand à l’Insa, une deuxième dotation de 7 millions d’euros du PIA et 40 millions d’euros de contrats industriels depuis 2012… Toulouse White Biotechnology arme Toulouse pour devenir une place forte de la recherche en biotechnologies industrielles.

La plateforme toulousaine de R&D en biotechnologies industrielles, Toulouse White Biotechnology (TWB), vient de s’installer dans un nouveau bâtiment de 3500 m2, à la superficie plus que doublée, sur le campus de l’Insa. Des travaux de deux années pour un investissement de 7 millions d’euros, financé dans le cadre du Contrat de plan État-Région Occitanie pour 3,9 millions d’euros, par le Projet Campus Toulouse pour 2,6 millions d’euros, et autofinancés par TWB pour le solde.

Le campus de l’Insa accueille également les laboratoires de recherche en biotechnologie TBI et Critt Bio-Industries. Au total, avec le bâtiment neuf de TWB, un complexe de près de 15.000 m2 consacré aux biotechnologies industrielles vient de voir le jour. Le changement d’échelle des locaux de TWB, divisés en deux bâtiments reliés par des patios, l’un dédié aux services supports et l’autre créé pour accueillir les équipes et projets techniques, traduit les perspectives de croissance de la plateforme.

Un consortium de 52 partenaires, dont 35 industriels

Lancée en 2012 grâce à une dotation de l’État de 20 millions d’euros sur sept ans dans le cadre du PIA, cette unité mixte de services, sous triple tutelle de l’Inrae, de l’Insa et du CNRS, a pour mission d’aider les milieux académiques et industriels à relever les défis du changement climatique et de l’augmentation de la population sur la planète. « Nous le faisons en développant des voies de production durable sur la base du vivant. Nous assurons des missions d’accélération, de la phase de R&D jusqu’au stade préindustriel », explique Olivier Rolland, directeur exécutif de TWB.

Pour son fonctionnement, TWB s’appuie sur un consortium public-privé de cinquante-deux membres, dont des laboratoires, le fonds de capital-risque Sofinnova dans le domaine des biotechs, des équipementiers, de grands groupes industriels tels Total, Michelin, L’Oréal, Servier, Solvay et des start-up. La plateforme a également été retenue dans le cadre du programme national EquipEx et bénéficiera d’une dotation d’un million d’euros pour renforcer ses équipements dans la biologie synthétique et l’intelligence artificielle.

Autofinancement en 2025

« Notre objectif était de générer 20 millions d’euros de contrats industriels à la fin de 2019. Nous en avons produit le double, soit 40 millions d’euros au total, pour 185 projets collaboratifs. Et nous avons fini l’année 2019 avec un chiffre d’affaires de 8,4 millions d’euros », précise Olivier Rolland. « La crise du coronavirus nous a impactés en 2020 mais, globalement, notre bon bilan, depuis notre création, nous a permis de décrocher 7 millions d’euros de dotations supplémentaires du PIA, pour couvrir la période de 2020 à 2025, année à laquelle nous visons l’autofinancement. »

Les biotechnologies industrielles, dites blanches, constituent une alternative à la chimie et aux énergies fossiles pour produire des substances (biochimiques, de biomatériaux ou biocarburants) à partir de sources de carbone renouvelables et en utilisant le vivant. À titre d’exemple, le projet BioImpulse, lancé en 2019 par TWB, en association avec ResiCare, filiale de Michelin, sur six ans et avec 28 millions d’euros à la clé, vise à créer une nouvelle résine adhésive sans substance préoccupante en remplacement de certaines colles à base de formaldéhyde.

Internationalisation

TWB cherche également à développer son business d’hébergement de start-up. Pour l’heure, cinq start-ups sont incubées et deux de plus les rejoignent dans les prochains mois. L’une d’elles, Pili, qui développe des colorants biosourcés, notamment pour l’industrie textile, fait partie de la deuxième vague des projets lauréats du soutien à la relocalisation du plan France Relance. TWB se positionnera dans les années à venir sur les marchés agri-agro pour la mise au point de solutions plus respectueuses de l’environnement, comme le biocontrôle à partir d’intrants naturels pour protéger les cultures. La réduction des coûts de production des biomédicaments, la nutrition et la cosmétique durables seront aussi des axes prioritaires. Sur le plan international, TWB fait déjà partie du projet d’infrastructure européenne de biotechnologie industrielle, Ibisba. « Un véritable enjeu pour Toulouse est maintenant d’y accueillir son entité juridique légale », appelle de ses vœux Olivier Rolland.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Olivier Rolland, directeur exécutif de TWB, devant le nouveau bâtiment de la plateforme de recherche en biotechnologies industrielles. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Biotechnologies-et-industrie-A-Toulouse-TWB-cree-un-complexe,30571