Bruno Viansson-Ponte : « Sur la RSE, les gens attendent quelque chose de concret »

Green Business Keys (GBK), incubateur de projets consacré à l’économie verte, organise à Toulouse et en digital, le 29 octobre, l’Open Innovation RSE, une journée de rencontres et de débats entre entreprises et startups innovantes. L’objectif est de nouer des partenariats pour améliorer la dimension écologique et sociétale des entreprises. Explications avec Bruno Viansson-Ponte, président de GBK.

Bruno Viansson-Ponte, comment va s’organiser la première édition de cet Open Innovation RSE ?
Pour cette première édition, à cause de la situation sanitaire, nous serons en « phygital ». Une petite partie des entreprises sera présente physiquement au Manoir du Prince, à Toulouse. Tout le monde sera masqué et il y a suffisamment de place pour respecter les gestes barrières. Le reste des participants sera en visio.
Nous attendons une dizaine de personnes en présentiel et de 50 à 100 participants en distanciel. L’idée de cet événement est de créer une plateforme de rencontres entre les entreprises et les startups les plus innovantes en matières de RSE (responsabilité sociétale et environnementale des entreprises). Il est en train de se passer avec la RSE ce qui s’est passé avec la R&D (recherche et développement) il y a quelques années. La RSE devient réellement importante, des grandes entreprises comme l’Oréal s’y intéressent. Les entreprises regardent ce qui se fait sur le sujet à l’extérieur et n’hésitent plus à externaliser. D’où notre volonté de créer un cluster d’open innovation RSE. Il y aura deux grands débats sur chacune des deux branches de la RSE : le sociétal et l’environnemental. On veut qu’il y ait « un après-évènement ». Dans un mois, nous communiquerons le bilan des échanges entre les différents acteurs au sein de l’Open Innovation.

Avec la crise, les entreprises ne vont elles pas délaisser les questions de RSE ?
Non, au contraire. Idriss Aberkane [1] dit par exemple qu’après chaque crise, il y a toujours une reprise de l’économie mais qu’elle ne repart jamais de la même manière. Avec la crise sanitaire, il y a du changement dans les mobilités. On s’est rendu compte que passer 2h30 dans les transports n’était pas une fatalité et qu’on pouvait aussi bien recourir au télétravail. Je me raccroche à ces évolutions. Nous sommes dans une période où on recherche des nouveaux équilibres. Même le Medef s’empare de la RSE car plus de plaisir et de bien-être dans l’entreprise permet plus de performance et donc plus de création de valeur.

Mais derrière les bonnes intentions, y a-t-il forcement des réalités ?
Bien sûr, il y aura toujours des entreprises qui seront du côté obscur de la force. Mais je pense que globalement, nous en avons fini avec le greenwashing [2] ! Il y a une conscience populaire pour qu’on agisse réellement sur l’écologie, qu’on fasse quelque chose réellement sur le green. Cette conscience, l’entreprise doit la prendre compte. Si elle fait du greenwashing, cela va forcément finir par se savoir du fait de la plus grande attention portée à la question aujourd’hui. Au final, ça ne sera pas bon pour son business. Aujourd’hui, sur la RSE, les gens attendent quelque chose de concret, plus seulement de la communication.
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Bruno Viansson-Ponte, président de GBK, qui lance le premier Open Innovation RSE. Crédits photo : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Notes

[1Conférencier et essayiste français. Spécialiste de l’économie de la connaissance et des neurosciences.

[2aussi nommé écoblanchiment, c’est un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image de responsabilité environnementale trompeuse.

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Source : https://www.touleco.fr/Bruno-Viansson-Ponte-Open-Innovation-RSE-Sur-la-RSE-les-gens,29632