Cahors peaufine son modèle

Alors que sa petite taille est un avantage, la ville de Gambetta cherche à conserver un développement équilibré.

Située dans un des méandres du Lot, la ville de Cahors est, avec ses 20.000 habitants, l’une des plus petites préfectures de France. Au coeur d’un département rural et à une heure environ de Toulouse, son agglomération a, malgré une population vieillissante, gagné de nouveaux habitants entre 2013 et 2018. « Cela fait deux ans que la population augmente légèrement », complète Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors et président du Grand Cahors. « Les agences immobilières nous disent qu’il y a un retour, l’arrivée d’investisseurs, mais c’est un peu tôt pour en parler. »

Une prudence qui n’altère cependant pas l’optimisme de l’élu. Rejetant le qualificatif de ville moyenne, qu’il trouve « peu valorisant », il préfère parler de « ville d’équilibre » et comprend que sa ville a une carte à jouer, comme le démontre la hausse de 6 % de la population lotoise lors du premier confinement, soit plus de 10.000 personnes selon l’Insee. « Alors que l’on ne jurait que par les métropoles, on cherche aujourd’hui de la nature, de l’espace, mais aussi une certaine sécurité. À ce niveau-là, nous sommes concurrencés par la ruralité mais la crise du Covid a démontré que nous avions su garder des services de proximité, à l’image de l’hôpital. »

Réélu en 2020, Jean-Marc Vayssouze-Faure met aussi en avant la création d’infrastructures sportives et culturelles (cinéma, complexe aquatique) pour répondre aux attentes. Le maire de Cahors ne souhaite pour autant pas céder aux sirènes d’une croissance à tout crin. « Il faut inventer notre mode de développement. Nous avons mis l’accent sur la rénovation des logements à forte valeur patrimoniale car il y a une stratégie de reconquête du coeur d’agglomération, favorisée par des mobilités alternatives », assure-t-il. Ne pas faire que de la densité tout en évitant un mitage du territoire pour préserver une agriculture de proximité, voilà la volonté affichée.

Mais le plus gros enjeu reste économique. Si le télétravail est désormais mieux accepté – un tiers-lieu devrait ouvrir prochainement en centre-ville – la présence d’emplois pérennes est essentielle pour attirer des habitants. À 13 euros du m2, les terrains sur Cahors Sud sont très attractifs pour les entreprises. « Les trente hectares viabilisés dans la zone se commercialisént rapidement. Il y a d’autres secteurs à développer mais nous manquons de foncier économique », reconnaît l’élu, qui se félicite cependant de la bonne santé d’entreprises locales comme ANL, Phyt’s, Ratz, Pierre Fabre ou encore la prometteuse société innovante Soben. De quoi attirer du sang neuf au pays du Malbec.
Paul Périé

Sur la photo : Une image de la ville de Cahors
Crédit : ©philippe paternolli - stock.adobe.com

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Source : https://www.touleco.fr/Cahors-peaufine-son-modele,31772