Éric Azémar : « Luchon doit exploiter ses potentiels »

article diffusé le 21 février

Reprise et rénovation des thermes, remplacement des télécabines de Superbagnères, remise en état de la piscine ou encore réaménagement des allées d’Étigny. Le nouveau maire de Bagnères-de-Luchon Éric Azémar s’est lancé dans un vaste programme de transformation de la ville. Objectif : remettre à flot et désenclaver celle qu’on appelait autrefois « La Reine des Pyrénées ».

Éric Azémar, pourquoi lancer autant de chantiers sur la ville ?
C’était ça ou la mort. En dix ans, nous avons perdu 5000 curistes. Quand vous savez qu’un seul curiste dépense 2000 euros en moyenne sur des cures de dix-huit ou vingt-et-un jours, cela vous donne une idée des pertes : en dix ans, le manque à gagner estimé est de 10 millions d’euros. Ce n’est pas un problème de marché : nous sommes la seule station thermale des Pyrénées en perte de vitesse. Il nous faut donc remonter la pente. Et pour cela, il faut rénover. Le grand chantier des thermes a été voté en conseil municipal en fin d’année dernière. Ils seront entièrement rénovés et leur gestion confiée à un professionnel du thermalisme. L’investissement de ce projet de trente ans est de 35 millions d’euros. Je rappelle que 5000 curistes supplémentaires, c’est 300 emplois directs et indirects sur la commune et les alentours.

L’un des autres projets est le désenclavement, avec la relance de la ligne ferroviaire Toulouse-Bagnères de Luchon…
Là aussi, il faut refaire totalement la ligne et acheter des motrices à hydrogène, ce qui sera fait notamment grâce au soutien de la Région Occitanie. Ce devrait être effectif pour fin 2023. Cela nous permettra une meilleure prise en charge des touristes et des curistes. Et puis, il y a aussi le remplacement des télécabines qui permettent de monter jusqu’à la station de Superbagnères. C’est le chantier du nouvel ascenseur Valléen, estimé à 18 millions d’euros (lire encadré, NDLR). Les travaux doivent débuter dans le courant du mois d’avril pour une mise en route à la fin de l’année. Évidemment, il y aura des conséquences sur la circulation et le stationnement en ville. Et, après lui, il faudra rénover les allées d’Étigny, nos Champs Élysées à nous, qui auront souffert de ce chantier. La piscine aussi fait partie des travaux urgents. Nous allons y consacrer 3 millions d’euros.

Comment comptez-vous financer tous ces grands travaux ?
La municipalité n’est pas seule. Six institutions sont partie prenantes du projet des thermes par exemple : l’État, la Région, l’agence régionale Arac, le Conseil départemental, la Banque des Territoires et l’exploitant retenu, Arenadour. Nous avons également été choisis parmi les 1000 villes lauréates du label « Petite ville de demain » par l’État. Cela aide à financer des projets de centre-ville, et puis on s’insère dans le plan Avenir Montagne. Au final, les projets sont financés à quasiment 100 %.

Luchon vient d’accueillir la 23e édition de son festival des créations télévisuelles. Quel regard portez-vous sur cette manifestation ?
Le festival fait partie des éléments fondamentaux de la ville et de ses atouts touristiques. C’est aussi une très belle vitrine nationale, pensée pour attirer les visiteurs juste avant les vacances d’hiver. Sur cette édition, il y a aussi eu une réflexion de l’autre côté des Pyrénées, avec des Espagnols qui venaient pour la première fois et qui souhaitent revenir pour travailler avec nous. C’est une belle réussite et j’espère que cela générera de nouvelles manifestations professionnelles du secteur de la télé.

Quel est votre objectif, au final, avec tous ces projets ?
L’objectif, c’est de faire de Luchon une vraie destination touristique, et pas seulement pour le thermalisme. Nous avons la montagne, le tourisme, l’axe culturel - avec le festival. Nous sommes aussi en relation avec le festival Marbre et Art de la commune voisine de Saint-Béat. C’est un gros travail de fond qui prend beaucoup d’énergie. Mais nous sommes une petite ville et nous ne sommes pas dimensionnés pour tous ces chantiers. D’où le soutien des autres collectivités. On dit souvent que Luchon a beaucoup de potentiels. Il est grand temps de les exploiter.
Propos recueillis par M.V.

Sur la photo : Eric Azemar a été élu dès le premier tour maire de Bagnères-de-Luchon lors des élections de mars 2020. En bas : le projet des Thermes de Luchon, emblématique du renouveau de la ville, va nécessiter 35 millions d’euros de travaux. Sa gestion a été confiée au groupe landais Arenadour. Crédits : Luchon - DR.

18 millions d’euros pour l’ascenseur Valléen

Le projet d’ascenseur Valléen qui va remplacer les actuelles télécabines de Luchon est financé à hauteur de 11 millions d’euros par le Conseil départemental de Haute-Garonne. L’Etat et la Région y apportent 3 millions d’euros chacun, et le syndicat Haute-Garonne Montagne le finance pour 1 million d’euros. Enfin, la communauté de communes des Pyrénées haute-garonnaise y abonde pour 200.000 euros.

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Source : https://www.touleco.fr/Eric-Azemar-Luchon-doit-exploiter-ses-potentiels,33388