Financement. « Le fonds Ocseed comble un trou dans la raquette pour les jeunes pousses »

article diffusé le 10 juin 2020

Un nouvel outil a été créé pour financer les start-up qui sortent d’incubation afin de les amener jusqu’à leur première levée de fonds. Géré par Nubbo, Ocseed a déjà permis d’accompagner deux projets, comme l’explique Anne-Laure Charbonnier, présidente de l’incubateur régional basé à Toulouse.

Anne-Laure Charbonnier, quel bilan dressez-vous de la période de confinement ?
Nous avons intégré une nouvelle promotion de huit jeunes pousses en avril dernier. Malgré le confinement, nous n’avons pas chômé et nous ne manquons pas de projets. Cette période s’est plutôt bien passée pour la majorité des entreprises que nous accompagnons, ce qui tient à leur relative maturité et à leur marché, exclusivement en BtoB. De notre côté, nous avons mis en place une suspension totale des remboursements (sur l’avance remboursable accordée par l’incubateur, NDLR) pour les entreprises qui ont déjà quitté Nubbo, de mars à août, afin de contribuer à limiter la casse. Mais pour dresser un bilan véritablement sérieux de l’impact du confinement, je pense qu’il faudra attendre la fin de l’année.

Pourquoi avoir créé Ocseed, ce nouvel outil de financement ?
Il vient combler un trou dans la raquette pour un stade de financement très précoce des projets. S’il y a encore beaucoup d’argent dans les fonds aujourd’hui, ils ne s’intéressent pas encore à ces projets early stage et se font de plus en plus sélectifs, même pour la série A. Ce fonds s’adresse aux entreprises qui ont un début de traction commerciale et qui entrent dans une période où elles doivent faire leur preuves. Nous comblons aussi la relative absence d’investissement des business angels, qui ont déplacé le curseur à une niveau d’exigence supérieure. Nous leur permettons ainsi de franchir le cap de la fin d’incubation jusqu’au moment où elles peuvent se faire financer par les investisseurs classiques du marché. Nous assurons la jonction entre ces deux étapes.

Quels sont les acteurs qui abondent ce fonds ?
Cet outil a été créé grâce à des capitaux apportés par la Région Occitanie et à 51% par des banques - la Banque Populaire Occitane, la Banque Populaire du Sud, la Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon et la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées. Il est doté d’un capital de 5 millions d’euros et il est géré par Nubbo. Il s’agit clairement d’un label, y compris pour nos actionnaires, nos partenaires bancaires, qui ont déjà des produits de prêts spécifiques qui s’adressent aux start-up. Ocseed va leur permettre de sécuriser leurs investissements sur leurs propres produits.

Comment allez-vous intervenir ?
Nous allons intervenir sur des petits montants, compris entre 100.000 et 300.000 euros, sous forme d’obligations convertibles. Ces quasi fonds propres vont jouer le rôle de contre-partie pour aller chercher des fonds en co-investissement auprès des business angels, Wiseed, des acteurs publics comme Bpifrance ou des banques. Nous nous adressons aux start-up régionales avec un modèle économique en BtoB âgées de moins de trois ans, ou de moins de cinq ans dans le cas spécifique des biotechnologies. Des sociétés innovantes qui n’ont pas encore été financées en fonds propres au-delà de la love money ou de business angels pour de petits tickets. Ocseed a pour objectif d’investir dans vingt entreprises au cours des cinq prochaines années.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Anne-Laure Charbonnier, la présidente d’Ocseed et la directrice de l’incubateur Nubbo. Photo : Tien Tran- Hans Lucas.

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Source : https://www.touleco.fr/Financement-Le-fonds-Ocseed-comble-un-trou-dans-la-raquette-pour,28979